Bébé prématuré ? Nos conseils pour faciliter le retour à la maison

Par Sébastien COLSON, Puériculteur et Président de l’ANPDE

Le retour à la maison avec un bébé prématuré peut paraître inquiétant pour des parents qui se posent beaucoup de questions : sommes-nous réellement prêts ? Sommes-nous capables d’assurer le suivi à la maison ? Madeleine Collombier, puéricultrice et cadre supérieur de santé, ainsi que Maud Godillot, puéricultrice et toutes deux membres de l’Association Nationale des Puéricultrices Diplômées et des Etudiants reviennent sur les fondamentaux pour rassurer et conseiller les parents soucieux.

Pour anticiper le retour à la maison avec bébé sans stress

Après la naissance d’un bébé prématuré, il est difficile pour les parents de devoir rentrer à la maison et laisser leur nouveau-né à l’hôpital pour qu’il bénéficie des soins nécessaires pour son bon développement. Alors, lorsque le médecin annonce aux parents qu’ils peuvent désormais rentrer à la maison avec bébé cela représente beaucoup d’émotions, à la fois un soulagement mais également une grande inquiétude.

“Si les médecins acceptent le retour à domicile du bébé, c’est parce qu’il est autonome sur les plans cardio-respiratoire et alimentaire et qu’il parvient à maintenir sa température corporelle. Le nouveau-né est à cet instant considéré comme un bébé né à terme avec une santé plus fragile.Il est prêt à affronter et découvrir le monde extérieur”, rassure Maud Godillot.

Avant le retour à la maison, il convient de prévenir un professionnel de santé. Pour cela, les parents doivent prendre contact avec une puéricultrice de PMI pour avoir un interlocuteur en cas de besoin. De plus, les parents doivent choisir un pédiatre et prendre contact avec lui pour qu’il suive le bébé dans son bon développement.
“Le retour à la maison peut, par la suite, se faire sans inquiétude !”’ insiste Maud Godillot.
Il existe, néanmoins, des cas particuliers où le bébé prématuré sort d’un environnement hospitalier en étant oxygéné par exemple.
“Un bébé prématuré ne peut pas rester trop longtemps hospitalisé, il a besoin de retrouver rapidement un environnement familial”, expliquet-elle. Dans ce cas, il y a un réel suivi par les professionnels de santé qui accompagnent les parents jusqu’à ce que le bébé soit autonome.

Bébé prématuré : un bébé presque comme les autres !

Lorsque les parents emmènent leur bébé au sein du cocon familial, ils doivent avant tout faire preuve de patience. “ Même si l’enfant a quelques mois, il a connu exclusivement un milieu médical. La maison représente donc un changement d’environnement important et les premières semaines peuvent être difficiles”, souligne Maud Godillot.
Les parents doivent refaire connaissance avec leur nouveau-né même s’ils étaient tous les jours à l’hôpital près de lui. “
Ils ne doivent pas s’inquiéter s’il pleure beaucoup. Le bébé doit trouver ses marques”,poursuit-elle. Un peu plus qu’un nourisson né à terme, un bébé prématuré a besoin de beaucoup d’attention, d’affection et de tendresse de la part de ses parents tout en ayant un environnement normal pour qu’il puisse se développer. Il est essentiel de le considérer comme un enfant né à terme tout en sachant qu’il est plus fragile et qu’il a plus de risques infectieux et respiratoires. Les parents doivent avoir prévu un espace à lui, un endroit calme pour dormir. La température de la chambre doit avoisiner les 19°C. La chambre de bébé doit être aérée régulièrement, lorsque le bébé est hors de la pièce.
Le bébé prématuré, en plus du suivi standard par son pédiatre, aura un suivi spécifique par le(s) pédiatre(s) du service de néonatologie de l’hôpital afin de suivre son développement neuro-moteur, jusqu’à, en moyenne, l’âge de 6 ans.

Le rythme du sommeil jour-nuit d’un bébé prématuré peut prendre du temps pour s’installer

Il faut donc lui laisser le temps de s’acclimater à son nouvel environnement. “A l’hôpital les bébés prématurés reçoivent des soins même la nuit, si besoin, notamment pour les nourrir très régulièrement. Ainsi, ils ont acquis un rythme de veille et de sommeil qu’il va falloir progressivement changer pour amener son enfant à dormir principalement la nuit”, explique Madeleine Collombier.  Ils peuvent donc les premières semaines avoir des difficultés pour s’endormir.
En effet, “ils ont eu l’habitude d’avoir des nuisances sonores telles que les alarmes des scopes et de la lumière en milieu hospitalier. Si le nouveau-né a des difficultés à s’endormir, les parents peuvent installer dans sa chambre une musique de fond et une veilleuse pour le rassurer”, poursuit Maud Godillot. Un bébé prématuré a besoin de beaucoup de sommeil et se réveillera néanmoins beaucoup avant de trouver son rythme. Madeleine Collombier conseille “de coucher le nourisson sur le dos, à plat sur le matelas, sans oreiller ni couette. L’enfant peut être mis dans une turbulette ou un surpyjama”

L’allaitement est recommandé lorsque cela est possible.

“C’est l’aliment de choix qui est fait pour un bébé prématuré car le lait maternel contient les anticorps et permet d’absorber les vitamines nécessaires à son bon développement. De plus, il est mieux digéré”, défend Madeleine Collombier. “
Un bébé prématuré risque de régurgiter assez souvent jusqu’à ce qu’il prenne du poids, et de l’âge, c’est tout à fait normal !”, ajoute-t-elle.

L’hygiène de bébé est importante.

Le prématuré est plus fragile sur le plan infectieux. Les parents doivent bien se laver les mains avant et après l’avoir changé ou avant de le nourrir par exemple. Le bébé prématuré doit grandir dans un environnement sans tabac. Si un des parents fume, il est indispensable qu’il s’organise pour éviter d’enfumer les pièces de la maison où ira le bébé. “Il vaut mieux également éviter de mettre en contact le nourisson avec les animaux domestiques”, préconise Madeleine Collombier. Enfin, l’hygiène de la maison est important pour favoriser un environnement agréable pour le nouveau-né.
S’il n’y a pas de grand froid ou de grande chaleur, la sortie du bébé à l’extérieur est bénéfique à condition d’éviter certains lieux. “Pour un bébé prématuré, il faut éviter les endroits confinés comme les transports en commun ou les grands magasins”, explique Madeleine Collombier. Comme pour les autres nourissons, il faut le couvrir et le découvrir en fonction de la température extérieure, ou intérieure.

Le bain est un moment privilégié pour découvrir et entrer en relation avec son tout petit.

Avec une température de l’eau adaptée (36°-37°) et des parents disponibles, l’enfant va se détendre et le bain sera un moment d’échange agréable entre lui et ses parents.

Comme tout enfant, il est recommandé de faire vacciner son enfant prématuré selon le schéma vaccinal.

“ La vaccination est le moyen simple d’empêcher que le bébé ait des maladies graves. C’est d’autant plus important pour un enfant prématuré, fragile sur le plan infectieux”,insiste Madeleine Collombier.

Il y a des signes d’alertes qu’il faut connaître pour évaluer la nécessité de consulter un professionnel de sante

S’il a de la température ou si son état ou comportement est anormal par exemple (couleur de sa peau, tonicité, refus de s’alimenter,…). “Avant la sortie de l’hôpital, les professionnels de santé sensibiliseront les parents sur les signes qui doivent les amener à consulter un médecin pour leur enfant. Néanmoins, il ne faut pas hésiter à consulter un pédiatre ou encore appeler le service de néonatologie où était hospitalisé l’enfant, pour être orientés, si les parents ont un doute”, conclut Madeleine Collombier.

A propos de l’ANPDE : Elle est l’unique association professionnelle française, représentant les infirmières puéricultrices et les étudiants de la spécialité infirmière puéricultrice de métropole et des DROM-COM (Départements et régions d’outre-mer – Collectivités d’outre-mer). Ses objectifs sont de promouvoir cette spécialité infirmière, d’en défendre le diplôme, d’engager une réflexion en regroupant les professionnels de terrain et en organisant des journées d’études nationales et régionales permettant l’échange des pratiques. L’association représente près de 3 000 puériculteurs et puéricultrices recensés à ce jour, issus du secteur hospitalier, des établissements d’accueil pour enfants de moins de 6 ans, de services de protection maternelle et infantile, du secteur libéral, des réseaux de soins et de la formation. L’association est attentive à l’ensemble des réformes entraînant une modification de la prise en charge de l’enfant et de sa famille, autant dans le système de soins traditionnel que dans la santé communautaire, afin de garantir la qualité et la sécurité des soins pour cette population particulière, tout en répondant à l’évolution des besoins et des innovations de la société.

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