Les laits à la mode !

Par Valérie FRAYSSE, Diététicienne

Effet de mode, croyances personnelles, suggestions extérieures…

Depuis quelques années, le lait de vache a mauvaise réputation et certains parents cherchent à le remplacer par d’autres aliments : jus végétaux (soja, amandes, châtaignes, noisettes …) et lait d’autres animaux (brebis, ânesse…), parfois très tôt dans l’alimentation de l’enfant. Or ces pratiques sont loin d’être anodines. Le point sur la question.

Parmi les motifs principaux qui suscitent ce genre de substitution, on trouve bien sûr les problèmes digestifs (reflux gastro-œsophagien, allergies aux protéines de lait de vache, coliques du nourrisson) mais aussi les troubles du sommeil, les problèmes ORL à répétition, parfois même les troubles du comportement.

Quels risques ?

A l’heure actuelle, aucune étude épidémiologique n’a permis d’établir un lien entre la consommation du lait de vache et certaines pathologies. Seul un médecin peut conseiller et prescrire un changement radical d’alimentation chez un nourrisson.

En effet, loin d’être anodines, ces pratiques peuvent être dangereuses pour la santé de l’enfant :

– L’apport calorique insuffisant risque de faire s’infléchir la courbe de croissance de l’enfant.
– Le taux de protéines est inadapté : souvent trop bas ou en excès pour les boissons à base de soja et les laits de brebis, d’ânesse ou de chèvre.
– L’apport en calcium, élément nutritionnel nécessaire à la croissance, est toujours insuffisant.
– Ces jus végétaux ou autres laits animaux augmentent considérablement les risques d’allergies.

Jamais avant 1 an !

Pour ces raisons, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) contre-indique vivement toute utilisation de ces produits avant l’âge de 1 an.
En outre, il existe différentes sortes de préparations adaptées à l’état de santé de votre enfant :
– des laits « de confort » pour lutter contre les reflux ou d’autres qui améliorent le transit
– des laits thérapeutiques (sur prescription) en cas de problèmes de santé plus importants (intolérance aux protéines ou au lactose, par exemple)
Quoi qu’il en soit, pour l’alimentation du nourrisson, prenez conseil auprès d’un professionnel de santé car une alimentation non adaptée peut être néfaste dans cette période où la croissance staturo-pondérale, sensorielle et cognitive est rapide et déterminante.

Rappel

– Jusqu’à 4 mois, votre bébé a besoin de lait maternel ou du lait maternisé 1er âge.
– A partir de 4 mois et jusqu’à 1 an, il pourra consommer soit du lait maternel (si cela reste possible), soit un lait destiné au bébé, dit lait 2ème âge.
– A partir de 1 an et jusqu’à 3 ans, le lait de croissance peut prendre le relais.

A noter : Les laits maternisés et laits de croissance sont mieux adaptés que le lait de vache (lait UHT) : ils contiennent moins de protéines, plus d’acides gras essentiels et sont enrichis en fer et autres vitamines essentielles.

 

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