Petits soucis de peau

Croûtes de lait, acné, fesses rouges, eczéma…La fragile peau des bébés est soumise à rude épreuve et doit donc bénéficier de soins quotidiens, afin de limiter les petits soucis.

La peau est une enveloppe qui assure de nombreuses fonctions. Par exemple, elle régule la température du corps. À la naissance, la peau est déjà mature (sauf chez le prématuré), elle produit beaucoup de sébum le premier mois constituant un film gras, qui protège des microbes ou des produits chimiques. Puis cette production de sébum décline et la peau devient sèche. Ceci explique, en partie, la fragilité de la peau des bébés particulièrement sensible à toutes les agressions. Un grand nombre de substances passe à travers la peau des bébés. Il faudra donc être vigilant avec les produits que l’on applique. Ainsi, évitez les produits contenant de l’alcool, utilisez pour la toilette des produits peu décapants et appliquez quotidiennement une crème hydratante.

Les croûtes de lait : rien à voir avec le fromage !

Un petit trouble auquel les bébés échappent rarement : les croûtes de lait. Une appellation usurpée puisque le lait n’est nullement en cause dans la survenue de ces petites plaques jaunâtres ou blanchâtres qui se forment sur le cuir chevelu. Ces croûtes sont en fait dues à un excès de sébum et de cellules mortes issues du cuir chevelu, d’où leur nom de dermite séborrhéique. Elles ne sont pas gênantes pour l’enfant mais inesthétiques. Aussi, vous pouvez les retirer, surtout qu’elles ont une fâcheuse tendance à s’épaissir et à s’étendre. Pour les faire disparaître, une mesure simple : effectuez matin et soir un lavage de la tête avec un shampoing doux. Appliquez le soir au coucher un produit gras ramollissant comme de la vaseline. Les croûtes s’élimineront ainsi peu à peu au fil des shampoings. Si elles persistent, votre médecin recherchera une éventuelle surinfection par un champignon, qui se traite simplement par l’application d’une lotion adaptée.

Fesses rouges : de la douceur et de l’air

Rares sont également les bébés qui ne présentent pas à une période ou une autre une rougeur des fesses ou érythème fessier. Ce phénomène banal est dû à une double irritation de la peau : une irritation chimique par les selles et macération par les urines, qui contiennent des substances agressives (enzymes, sels biliaires, acide lactique, ammoniac) ; une irritation mécanique par les frottements de la couche sur la peau. Dans sa forme la plus courante, cet érythème se traduit par une simple rougeur au niveau du siège, sans suintement, sans gonflement de la peau. Pour éviter ce problème, la première des règles est de changer bébé très souvent, au moins après chaque tétée. Faites la toilette avec de l’eau tiède et un savon, de préférence surgras, que vous passez avec la main. Rien n’est plus doux que la peau de votre main pour la toilette. Préférez de petites douches du siège pendant 2 à 3 minutes, qui ont l’avantage de permettre un bon rinçage. Puis séchez doucement, en tamponnant la peau plutôt qu’en la frottant. Tamponnez bien au niveau des plis, surtout chez les bébés un peu dodus. Pour sécher, n’utilisez surtout pas de sèche-cheveux en raison des risques de brûlure. Pour lutter contre l’humidité, laissez les fesses à l’air quelques minutes à chaque change et utilisez des couches le plus aérées possible, sans trop les serrer.
S’il n’y a pas de suintement, vous pouvez utiliser une pommade qui servira d’« écran » contre les irritants contenus dans les urines.
Lorsque la rougeur s’étend, que les lésions commencent à suinter ou à se recouvrir d’une fine pellicule blanchâtre, demandez l’avis de votre médecin. En effet, certains champignons peuvent proliférer et aggraver l’érythème. À l’inverse, certains traitements antibiotiques peuvent favoriser la survenue d’un érythème. Un traitement approprié est alors nécessaire.

De l’acné très juvénile

Au chapitre des petits ennuis cutanés du nouveau-né : la folliculite ou acné. Tout comme chez l’adolescent, l’acné du bébé est liée à un excès de sébum. Il se forme alors des petits boutons blancs sur le front et les ailes du nez, qui heureusement disparaissent en quelques jours. Là encore, leur persistance impose une consultation médicale, afin de vérifier l’absence de surinfection.
Mais pas d’inquiétude, la survenue d’une acné ou d’une folliculite chez un bébé ne signifie pas un risque accru d’acné à l’adolescence.

Ça gratte beaucoup : la dermatite atopique

Très fréquente chez l’enfant, la dermatite atopique, ou eczéma atopique, apparaît le plus souvent entre 3 et 6 mois chez des bébés ayant fréquemment une peau particulièrement sèche. Il s’agit d’une manifestation cutanée chez un enfant qui a un terrain héréditaire (l’atopie). Les poussées sont favorisées par des contacts avec des allergènes de l’environnement. Les lésions, sous forme de plaques rouges, surviennent par poussées. Elles démangent énormément, ce qui explique que bébé se frotte sur ses draps ou s’agite. Le grattage ou le frottement provoque des petites écorchures sur la peau, une infection cutanée est souvent ajoutée. Cet eczéma, qui touche environ 2 % de la population, disparaît neuf fois sur dix vers l’âge de deux à six ans. Il est plus fréquent dans les familles avec des antécédents de dermatite atopique, de rhume des foins ou d’asthme. Le traitement repose tout d’abord sur une bonne hydratation de la peau avec une crème hydratante. Pendant les poussées, la peau doit être désinfectée et généralement le médecin prescrit une crème à base de cortisone, nécessaire pour stopper l’inflammation et donc les démangeaisons.

Contagieux mais bénins

Les molluscum contagiosum : nom bien compliqué pour une infection virale de la peau (famille des pox virus). Elle est assez fréquente chez les enfants ayant un eczéma atopique et forme de petites lésions (papules) de la taille d’une tête d’épingle. Cette infection est très contagieuse et se propage avec une grande facilité chez les enfants qui se grattent. Les petites papules de la couleur de la peau doivent être enlevées avec minutie au moyen d’une petite curette, éventuellement après une anesthésie locale par pommade.
L’impétigo : autre affection très fréquente et très contagieuse due à des bactéries (streptocoque et staphylocoque). Elle siège volontiers autour de la bouche, débute par des bulles qui se rompent et se dessèchent en formant des croûtes de plus en plus épaisses. Le traitement se fonde sur des soins de la peau (antiseptiques) et parfois sur la prescription d’antibiotiques.
Généralement, l’enfant doit être gardé à la maison quelques jours afin d’éviter de contaminer les petits camarades de la garderie ou de l’école.

Il a la jaunisse !

D’où provient ce que l’on appelle plus scientifiquement l’ictère néo-natal ?
Au cours des premiers jours de sa vie, un bébé sur trois présente cette jaunisse. Elle apparaît un à deux jours après la naissance puis disparaît en quelques jours. Ce phénomène normal est lié à un pigment jaune, la bilirubine, contenu dans les globules rouges. Chez le nouveau-né, ces globules rouges sont très nombreux et leur destruction libère beaucoup de bilirubine. Cette bilirubine  n’est pas complètement évacuée par le foie qui assure des fonctions de « nettoyage ». Elle persiste donc en grande quantité dans le sang qui l’amène jusqu’à la peau, provoquant un ictère plus ou moins marqué selon les bébés.
S’il est très intense, une surveillance est effectuée car un excès de bilirubine peut avoir des conséquences néfastes. Un petit lecteur est posé sur la peau de bébé pour évaluer le taux de bilirubine. Quand il est élevé, le pédiatre place le bébé sous une lampe « bleue » ou lampe UV. Les rayons ultraviolets ont en effet la particularité de favoriser l’élimination de la bilirubine.

La toilette, un moment essentiel

La toilette de bébé est un moment important à double titre. Elle permet d’une part de favoriser les contacts entre les parents et l’enfant. D’autre part, elle constitue un bon moyen de prévenir bien des affections de la peau. Donné une fois par jour, le matin ou le soir, le bain doit être à bonne température (vers 35 °C) et ne pas être prolongé au-delà de quelques minutes chez le nouveau-né. Lavez bébé avec un pain ou un savon doux, surgras de préférence sans recourir à des éponges (véritables nids à microbes) ou à des gants (agressifs pour la peau). Votre main fait très bien l’affaire. Déplissez les petits bourrelets pour un lavage parfait dans les plis.
Le séchage est également essentiel, là aussi en douceur, sans oublier les replis.
Si bébé a la peau sèche, appliquez une crème hydratante par un massage doux. Le talc est à éviter, et les pommades sur le siège ne sont pas utiles s’il n’y a pas d’érythème fessier.

Ne jouez pas avec le soleil…

Autant pour éviter le coup de soleil que le coup de chaleur, bébé ne doit jamais être laissé au soleil avant l’âge d’un an. Plus grands, il faut aussi éviter de sortir les enfants au moment de la journée où les rayons du soleil sont les plus forts, c’est-à-dire entre 11h et 16h. En dehors de ces heures, ils doivent être bien protégés, par le port d’un chapeau, d’un tee-shirt et l’application répétée toutes les deux heures d’un produit antisolaire à fort indice de protection. Un conseil pratique : si l’ombre sur le sol n’est pas plus grande que votre enfant, c’est que le soleil est au zénith et ses rayons sont alors néfastes.
Le coup de soleil n’est pas une rougeur passagère de la peau mais une véritable brûlure du premier degré. Or pendant l’été, 6 enfants sur 10 sont victimes d’un coup de soleil. Ceci est alarmant quand on songe que ces coups de soleil peuvent être à l’origine, plus tard, d’un cancer de la peau.

 

 

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