Des techniques pour renforcer les défenses immunitaires

Par Isabelle GAMBET-DRAGO, Masseur- kinésithérapeute

Les petits maux de l’hiver peuvent entraver la sérénité de tous : mal-être pour les enfants, inquiétude pour les parents, mode de garde difficile… La prévention, première des solutions, est indispensable. Mais les méthodes préconisées habituellement ne suffisent pas. Il en existe bien d’autres, moins connues, plus efficaces et faciles à mettre en place. Voilà comment faire. Il ne vous reste plus qu’à essayer !

Tous les médias parlent et reparlent des mesures préventives de base : laver ses mains, éviter les magasins, limiter les interactions entre enfants pour éviter la contamination, etc. Si certaines sont simples à appliquer, comme le lavage des mains, d’autres le sont beaucoup moins. Alors le mieux est avant tout de renforcer les défenses immunitaires de vos enfants (et les vôtres) pour faire barrage aux virus qui traînent. Il existe différentes méthodes pour cela.

Le massage

Le massage global est un moyen simple d’avoir la forme et de stimuler les défenses immunitaires. Il n’est pas nécessaire d’être masseur pour se lancer. Il suffit de se faire confiance et de demander à votre enfant si ce que vous faites lui plait. Vous serrez vite fixé(e). S’il ne parle pas encore, il vous montera son contentement en souriant ou en gazouillant. S’il est difficile, au quotidien, de trouver le temps nécessaire pour une vraie séance de massage, il est en revanche possible de mettre en place des petits massages spécifiques qui ne prennent pas plus de 2 minutes :
• Pour commencer, placez votre pouce à plat perpendiculairement au poignet de votre enfant et frictionnez en allant d’avant en arrière, de manière assez rapide et durant 30 secondes environ.
Réalisez ce mouvement sur les deux poignets. Ce massage fortifie les défenses immunitaires générales de l’organisme. Chez les enfants plus grands (vers 2-3 ans) vous pouvez imaginer une ritournelle. En réalisant régulièrement ce petit massage, l’enfant va progressivement devenir autonome.
Les enfants aiment beaucoup ces petites ritournelles et vous pouvez les complexifier avec les massages qui suivent.
• La séance se poursuit avec un massage spécifique derrière les oreilles pour renforcer les défenses immunitaires de la zone ORL. Pour le réaliser, placez chaque index derrière l’oreille et frictionnez de haut en bas environ 1 minute.

• S’il vous reste du temps, vous pouvez aussi masser énergiquement le torse et le haut du dos de votre enfant.

Le mouchage

Il est fondamental d’apprendre très tôt à se moucher car ce petit geste tout simple évite la surinfection.

Pourtant, bon nombre d’enfants ne deviennent autonomes dans l’hygiène de leurs voies respiratoires que très tard. Sans doute parce que moucher un enfant reste une vraie difficulté pour certains parents car il crie, se débat, etc. Alors comment s’y prendre ?

• Jusqu’au cinquième mois, vous maîtrisez souvent la situation mais après les choses se gâtent car sa tonicité est beaucoup plus grande et il est plus difficile de le maintenir pour le lavage de nez. Il est alors temps de lui apprendre à se moucher.
• Cet apprentissage doit rester ludique pour se passer dans la bonne humeur et parce qu’il faudra y revenir bien souvent avant d’acquérir un mouchage efficace : présentez-lui des tourniqués colorés ou autre objet bougeant au souffle.
• Commencez par asseoir votre enfant sur vos genoux, dos contre vous. Placez vos mains sur son torse pour repérer ses mouvements respiratoires.
Calez-vous sur son expiration et soufflez avec lui par la bouche pour faire bouger l’objet choisi. Soyez émerveillé(e) du mouvement, l’enfant même petit va se prendre au jeu. Et ainsi sentir la coordination expiration/mouvement du tourniqué.
• Passez ensuite à l’apprentissage du mouchage en gardant la même tonalité de jeu. Calez-vous sur la fin de son inspiration et juste avant qu’il ne commence à souffler, fermez sa bouche avec votre pouce et une narine avec un doigt. Il n’a plus d’autre choix que de souffler par la narine libre, évacuant ainsi ses sécrétions (pensez à avoir un mouchoir à portée de main). Dans le cas où ces dernières seraient très épaisses et sèches, humidifiez-les avec un petit spray de sérum physiologique avant de réaliser la manœuvre. Faites plusieurs fois ce mouvement puis passez à l’autre narine. La position verticale favorise l’évacuation des mucosités.
• Quand le nez est bien dégagé, constatez-le : « Je vois que ton nez est maintenant bien débouché, cela doit être plus facile pour respirer ! C’est ce que l’on appelle se moucher ». Encouragez votre enfant qui aura ainsi envie de faire encore mieux la fois suivante. Progressivement, il va de plus en plus accompagner le mouvement et même le forcer pour améliorer la sortie de l’air. Le mouchage sera alors de plus en plus efficace.
• Une fois les narines bien dégagées, apprenez-lui à renifler pour nettoyer l’arrière-gorge : « Maintenant il ne reste plus qu’à renifler un coup et c’est fini ! » Toujours dans la même position, calez-vous cette fois sur son inspiration. Dès qu’elle s’enclenche, fermez la bouche de votre enfant avec vos doigts en basculant sa tête légèrement en arrière. Il renifle et dégage ainsi les secrétions restées dans son arrière-gorge.
• Plusieurs mois sont nécessaires pour qu’il maîtrise parfaitement l’expiration forcée avec une narine. Vers 2 ans, il devrait savoir se moucher seul.

La réflexologie plantaire

Peu pratiquée en France sur les enfants, la réflexologie plantaire est en revanche très utilisée en prévention dans les pays anglo-saxons. De manière schématique – car il serait trop long d’entrer dans les détails de cette technique –, elle permet de stimuler certaines parties du corps pour que ce dernier trouve le chemin de l’auto-guérison.
Pour accompagner les troubles ORL ou pour stimuler l’organisme avant l’apparition de symptômes, vous pouvez masser les points suivants :

• Installez-vous correctement et commencez par masser globalement le pied droit de votre enfant.
• Ensuite, placez votre index sur le point des yeux et réalisez un mouvement circulaire avec une pression forte mais non douloureuse.

• Faites de même avec les autres points des oreilles et des trompes d’eustache. Sur le point de l’oreille, si votre enfant retire son pied, il prépare peut-être une otite. Dans ce cas, faites le même mouvement mais en appuyant cette fois très légèrement, et consultez votre médecin.

• Finissez en massant un peu les pieds, comme pour lui dire au-revoir.
• Faites le même enchaînement avec le pied gauche.

Le portage physiologique

Lorsque votre enfant est enrhumé et/ou pris des poumons, vous passez souvent de longues heures à le porter dans les bras pour l’aider à dormir ou à rester calme. Vous êtes certes rassuré(e) de l’avoir près de vous, mais dans ces conditions, vous ne pouvez plus faire grand-chose de vos journées. Or il existe certains outils dits de portage physiologique qui vous permettent de garder votre petit en position verticale dans vos bras tout en poursuivant certaines activités quotidiennes. Pour porter en toute sécurité, il est important de choisir l’outil de portage qui convient le mieux au binôme porté/porteur.
Les avantages pour votre petit sont nombreux : meilleure récupération, respiration plus fluide, évacuation des glaires, bercement et fabrication d’antidouleurs (endorphines).

Quel que soit le système utilisé, les mêmes règles de sécurité sont à surveiller dont le point le plus important est de laisser le nez visible afin que votre enfant ait toujours de l’air renouvelé à respirer. Voilà de quoi passer l’hiver tranquillement !

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