Bronchiolite chez le nourrisson : pourquoi la kiné respiratoire est déconseillée ?

Toux, problème de respiration, poitrine qui siffle… la bronchiolite est la hantise des jeunes parents. Afin de mieux la combattre, la Haute Autorité de Santé (HAS) a mis en place de nouvelles directives officielles. Parmi elles, la kiné respiratoire est désormais déconseillée alors qu’elle était très pratiquée.

Le pédiatre Christophe Marguet qui a participé à la rédaction de ces nouvelles directives, nous explique qu’il faut “sortir de l’idée selon laquelle bronchiolite égale kiné”.

“Chaque année, 2 à 3% des bébés de moins d’un an sont hospitalisés pour une bronchiolite.”

Qu’est ce que la bronchiolite ?

La bronchiolite est une malade respiratoire qui est fréquente. En effet, elle touche 30% des bébés de moins de 2 ans chaque hiver. C’est donc 480 000 cas touchés par an. Elle est causée par un virus qui est très contagieux et atteint les poumons.  Elle provoque une grande production de glaires qui  font tousser l’enfant et gênent sa respiration. Cette dernière devient rapide et sifflante.

Selon la HAS la phase aiguë dure en moyenne 10 jours, dont les deux premiers jours nécessitent une grande vigilance. 

La kinésithérapie respiratoire, prescrite depuis des décennies…

Pour combattre cette maladie, les médecins ont longtemps prescrits la kinésithérapie respiratoire.

Mais qu’est-ce que c’est ?

C’est une méthode qui consiste à manipuler le nourrisson pour l’aider à évacuer ses sécrétions qui le gênent vers la gorge et la bouche.

Aucune preuve de l’efficacité.

Il n y a jamais eu de preuve d’efficacité. Chez les enfants hospitalisés, la kinésithérapie respiratoire est inutile et contre-productive ! En effet, cela aggrave la santé des enfants selon le professeur Pierre-Louis Druais, médecin généraliste et vice-président de la commission recommandation de la HAS.

Ainsi, les nouvelles directives ne recommandent pas la kiné respiratoire pour les bébés de moins de 12 mois. La HAS a donné pour raison que les études scientifiques n’ont pas prouvés son efficacité contre la bronchiolite.

Les cas sont classifiés selon 3 niveaux de gravité

Dans les nouvelles recommandations, il y a une classification des cas selon trois niveaux de gravité, pour bien orienter les médecins.

  • Les formes légères ne nécessitent pas d’hospitalisation. Il faut bien utiliser la technique du lavage de nez et surveiller l’état de santé.
  • Quant aux formes modérées, dans lesquelles bébé prend moins de la moitié de son alimentation habituelle, l’institution estime qu’elles doivent être soumis à des examens à l’hôpital au cas par cas.
  • Enfin, les formes graves doivent aboutir à une hospitalisation, et si besoin vers une unité de soins intensifs.

Le lavage de nez est indispensable !

La Santé publique France estime que 2 à 3% des nourrissons de moins d’un an sont hospitalisés chaque hiver.

Dans les nouvelles recommandations, la prise en charge repose sur le lavage de nez. Cette méthode est indispensable pour les bébés qui ont des difficultés à respirer dans la mesure où ils sont incapables de se moucher tout seuls.
Il faut coucher bébé sur le côté. Mettre quelques gouttes de sérum physiologique dans la narine pour évacuer les sécrétions.

Le lavage de nez n’est pas toujours facile pour les parents qui redoutent de faire pleurer bébé. Il est important de leur apprendre ce geste afin d’aider l’enfant à mieux respirer.

Les médicaments sont contre-indiqués

Les médicaments comme les bronchodilatateurs, le sérum salé hypertonique, l’adrénaline… n’ont pas d’indication dans cette pathologie. Les antibiotiques doivent être utilisés dans les rares cas de surinfection bactérienne.

Rédaction : Equipe enjoy family – Organisateur du salon Baby et spécialiste de la parentalité et de la petite enfance (0-3 ans) auprès du grand public et des professionnels

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