Etre mère

Un premier regard qui dit beaucoup

« Allez-y Madame, poussez… encore ! » Vous y êtes, c’est une question de secondes, « Voilà ses cheveux… une épaule… », vous le mettez enfin au monde, et vous le voyez pour de vrai ce bébé tellement imaginé, qui pousse bientôt son premier cri au contact de l’oxygène. Il est 5 heures 10 du matin. Pour vous, c’est le début d’une nouvelle ère, vous voilà mère ; votre homme, qui ne comprend pas ce qui lui arrive, coupe, s’il le souhaite, le cordon : il est père. Enveloppé dans un linge, le bébé repose sur votre poitrine, son visage à portée de votre regard. Les yeux grands ouverts, il vous fixe mais vous ne savez pas s’il vous voit vraiment. Attiré par ce qui est rond et contrasté, comme les pupilles, l’aréole des seins, il saisit les formes, mais il vous voit floue. Vous vous observez longuement, fatigués du long voyage qui s’achève. Vous pleurez, vous riez, un petit coup d’oeil rapide au papa, mais au fond, vous n’arrivez pas à vous détacher… Ces quelques minutes, parfois plus, resteront à jamais gravées dans votre mémoire. Bien souvent, le personnel surchargé ne laisse pas assez de temps pour ce moment privilégié.

Tout dépend aussi du choix de la maternité et des soins qui s’imposent. N’hésitez pas à demander que l’on vous accorde ce temps. Mettez votre timidité au placard !
Car ce moment où vos regards se plongent l’un dans l’autre est fondateur du lien d’attachement qui commence à se tisser avec votre enfant.

Il pleure, je pleure, nous pleurons : le baby-blues

Vous avez tout pour être heureuse, et pourtant depuis une heure, les larmes coulent, ça a démarré quand le pédiatre est entré dans la chambre et vous a dit deux mots fatals : « Ça va ? » Non, ça ne va pas, vous êtes submergée par un profond sentiment de tristesse, comme le deuil de quelque chose. Qu’avez-vous donc perdu ?

Tant de choses… ce bébé imaginaire, rêvé pendant neuf mois, la grossesse et ses sensations, quand il bougeait dans votre ventre, le couple que vous étiez sans ce bébé qui est là maintenant, votre image idéale de mère. Vous avez perdu votre enfance… rien que ça ! Bien sûr, la chute de progestérone après l’accouchement agit sur vos émotions, « C’est les hormones » vous dit-on… mais il n’y a pas que ça, puisque toutes les femmes ne vivent pas le baby-blues de la même façon. Certaines l’expriment, d’autres l’intériorisent davantage, tout dépend aussi de l’histoire familiale de chacune, tant de souvenirs, de vécu remontent à la surface lorsque l’on passe d’une génération à l’autre. Ne vous inquiétez pas, si le baby-blues arrive sans crier gare vers le troisième jour de la naissance, il repart de la même façon, au bout de quelques jours. Si cette tristesse s’emparait de vous plus longtemps, il serait alors bon d’en parler à un professionnel, il s’agit peut-être d’une dépression postnatale. En tout cas aujourd’hui, vous avez bien le droit de pleurer et de montrer vos faiblesses. Si vous n’avez pas envie d’en parler à vos proches, parlez-en à votre bébé. Lui, c’est sûr qu’il comprendra, peut-être même que vous aurez le bonheur de pleurer ensemble en vous câlinant l’un l’autre.

L’aimerai-je autant ?

Ah ! ce sacro-saint principe d’égalité, merci la Révolution française ! Il faut aimer pareil, donner pareil, sinon, mauvaise mère ! Rassurez-vous, l’amour ne se partage pas, il se multiplie à l’infini. Vous n’aimerez pas vos enfants de la même façon, vous les aimerez différemment, en fonction de leur sexe, de votre histoire personnelle.
Et tordez le cou une bonne fois pour toutes à votre idéal de mère parfaite : aucun parent ne peut être totalement juste. L’important, c’est d’aimer ? Alors aimez sans compter et n’oubliez pas le papa qui lui aussi aura ses préférences… enfin des affinités supérieures avec l’un ou avec l’autre…

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