Alimentation de bébé : les laits à la mode !

Le lait de vache, c’est pour les veaux ?

Les veaux sont plus gros que les bébés mais leur cerveau est plus petit

Cette boutade permet de comprendre qu’il existe une différence entre lait maternel et lait de vache.

Le lait de chaque espèce animale est spécifiquement adapté à ses petits.
Le lait de vache, lui, est riche en protéines (deux fois plus de protéines que dans le lait maternel humain). Il permet au veau, qui pèse de 20 à 40 kg à la naissance de constituer sa masse musculaire et ses tissus. Le bébé humain né à terme pèse 3 kg en moyenne. Ses besoins en protéines sont différents en quantité et en qualité.

Le lait maternel contient plus de six fois plus d’acides gras essentiels que le lait de vache et là encore, cela s’explique par les différences entre espèces. Le volume du cerveau d’un bébé par rapport à son corps est bien plus gros que celui d’un veau. Ses besoins en acides gras essentiels, nécessaires à la maturation du système nerveux, sont donc plus importants.
Ainsi, votre bébé a des besoins propres, il est important de lui proposer un lait qui lui convient.

Les laits maternisés 1er et 2ème âge sont mieux adaptés que le lait de vache (lait UHT) : moins de protéines, plus d’acides gras essentiels et un enrichissement en fer. Ce supplément en fer est important.
.Aujourd’hui, la carence en fer représente en France un véritable problème de santé publique. Elle touche de nombreux enfants. En dehors de la sensibilité aux infections, la carence en fer peut entraîner des troubles du comportement et des apprentissages. Ainsi, une étude a montré qu’en fin de CP, des enfants présentant des difficultés d’apprentissage de la lecture avaient une carence en fer lorsqu’ils étaient bébé.

Même lors de la diversification alimentaire, les apports en lait doivent être maintenus à un demi-litre de lait par jour, en prenant soin de donner à votre enfant un lait 2ème âge jusqu’à l’âge de 1 an pour couvrir ses besoins spécifiques.

Le lait de vache : effet de mode, croyances personnelles, suggestions extérieures…

Depuis quelques années, le lait de vache a mauvaise réputation et certains parents cherchent à le remplacer par d’autres aliments : jus végétaux (soja, amandes, châtaignes, noisettes …) et lait d’autres animaux (brebis, ânesse…), parfois très tôt dans l’alimentation de l’enfant. Or ces pratiques sont loin d’être anodines. Le point sur la question.

Parmi les motifs principaux qui suscitent ce genre de substitution, on trouve bien sûr les problèmes digestifs (reflux gastro-œsophagien, allergies aux protéines de lait de vache, coliques du nourrisson). Mais aussi les troubles du sommeil, les problèmes ORL à répétition, parfois même les troubles du comportement.

Quels sont les risques ?

A l’heure actuelle, aucune étude épidémiologique n’a permis d’établir un lien entre la consommation du lait de vache et certaines pathologies. Seul un médecin peut conseiller et prescrire un changement radical d’alimentation chez un nourrisson.

En effet, loin d’être anodines, ces pratiques peuvent être dangereuses pour la santé de l’enfant :

– L’apport calorique insuffisant risque de faire s’infléchir la courbe de croissance de l’enfant.
– Le taux de protéines est inadapté . En effet il est souvent trop bas ou en excès pour les boissons à base de soja et les laits de brebis, d’ânesse ou de chèvre.
– L’apport en calcium, élément nutritionnel nécessaire à la croissance, est toujours insuffisant.
– Ces jus végétaux ou autres laits animaux augmentent considérablement les risques d’allergies.

Jamais avant 1 an !

Pour ces raisons, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) contre-indique vivement toute utilisation de ces produits avant l’âge de 1 an.
En outre, il existe différentes sortes de préparations adaptées à l’état de santé de votre enfant :
– des laits « de confort » pour lutter contre les reflux ou d’autres qui améliorent le transit
– des laits thérapeutiques (sur prescription) en cas de problèmes de santé plus importants. Par exemple, l’intolérance aux protéines ou au lactose.

Quoi qu’il en soit, pour l’alimentation du nourrisson, prenez conseil auprès d’un professionnel de santé.  Une alimentation non adaptée peut être néfaste dans cette période où la croissance staturo-pondérale, sensorielle et cognitive est rapide et déterminante.

Petit rappel

– Jusqu’à 4 mois, votre bébé a besoin de lait maternel ou du lait maternisé 1er âge.
– Dès ses 4 mois et jusqu’à 1 an, il pourra consommer soit du lait maternel (si cela reste possible), soit un lait destiné au bébé, dit lait 2ème âge.
– A partir de 1 an et jusqu’à 3 ans, le lait de croissance peut prendre le relais.

A noter : Les laits maternisés et laits de croissance sont mieux adaptés que le lait de vache (lait UHT) : ils contiennent moins de protéines, plus d’acides gras essentiels et sont enrichis en fer et autres vitamines essentielles.

Découvrez notre article : Lait infantile ou lait maternel ? 

Article rédigé en collaboration avec Valérie FRAYSSE – Diététicienne

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