Les épidémies « infernales » de la saison hivernale

Rhinopharyngite, bronchiolite, otite, gastroentérite : dès le début de l’hiver, toutes ces maladies infantiles remplissent le quotidien des parents de jeunes enfants… et les cabinets médicaux. Quelles en sont les causes ? Quels en sont les symptômes ? Comment les traiter ? Comment les prévenir ?

Ces maladies sont dues le plus souvent à des virus dont la circulation intense est favorisée à la fois par les facteurs climatiques, la promiscuité des enfants dans les collectivités ou des parents dans les transports en commun, et l’insuffisance du lavage des mains. Leur fréquence élevée chez les tout-petits s’explique aussi par l’immaturité de leur système de défense. Progressivement leur organisme va se renforcer, et généralement vers 6-7 ans, ces pénibles maladies ne seront plus qu’un lointain souvenir.

Rhinopharyngite – Laver et déboucher les petits nez !

Transmission

Plus de 200 virus peuvent être responsables de rhinopharyngite mais le plus fréquent est le rhinovirus qui profite du froid et de l’humidité de l’hiver pour se développer. Ces virus se transmettent par l’intermédiaire des microgouttelettes expulsées lors de la toux ou des éternuements ainsi que par le contact direct des mains contaminées par les sécrétions nasales

Symptômes

Presque la moitié des nourrissons de moins d’un an présente un rhume ou une rhinopharyngite à chaque trimestre. Les nez coulent ou sont bouchés ; les bébés ronflent, se réveillent et sont gênés pour respirer et pour manger. L’enfant plus grand peut se plaindre de maux de tête, de maux de gorge ou de frissons. Si vous relevez sa température, la fièvre reste élevée pendant deux-trois jours.
La complication la plus fréquente de la rhinopharyngite est l’otite moyenne aiguë chez l’enfant entre 6 mois et 3 ans, les sécrétions nasales pouvant s’infecter et contaminer alors des zones proches comme les oreilles.

Traitement

Il faut garder à l’esprit que le tout-petit respire en priorité avec son nez, ne sachant pas encore respirer par la bouche lorsque ce dernier est bouché. Il faut donc impérativement lui dégager les fosses nasales. Si votre enfant est trop petit pour se moucher seul, lavez-lui le nez avec un spray de sérum physiologique ou d’eau de mer. Ces produits fluidifient les sécrétions qui seront ainsi plus facilement évacuées. Pensez à réaliser ce lavage en maintenant la tête de bébé sur le côté et en pulvérisant le jet dans la narine du haut pour que les sécrétions s’évacuent par celle du bas. Si lors de ce lavage bébé éternue, c’est encore mieux ! A partir de l’âge de 2 ans, vous pouvez lui apprendre à se moucher avec des mouchoirs en papier (à jeter immédiatement à la poubelle pour éviter qu’une autre personne ne se contamine avec).

Prévention

Le virus se transmettant aussi par les mains, il est primordial de vous les laver au savon après avoir effectué un lavage ou un mouchage à votre bébé.

Bronchiolite – L’aider à mieux respirer

Transmission

Principal responsable des épidémies de bronchiolite, le virus respiratoire syncitial (vrs) provoque une épidémie qui débute vers octobre-novembre pur atteindre un pic en décembre-janvier. Si presque tous les enfants rencontrent le virus avant l’âge de 2 ans, ils ne développent pas tous, heureusement, une bronchiolite. Quand ils sont infectés, ils éliminent, durant une à deux semaines, une grande quantité de virus par les sécrétions nasales. Le virus se transmettant par les mains ou par l’air contaminé par la toux, l’entourage peut être infecté et les personnes âgées comme les tout-petits sont particulièrement fragiles.

Symptômes

En cas de bronchiolite, bébé présente durant deux jours les symptômes d’une rhinopharyngite banale : fièvre modérée (inférieure à 38,5°C), toux sèche, écoulement nasal. Ce n’est que vers le troisième jour qu’apparaissent les signes typiques de la bronchiolite, car l’infection s’étend ensuite aux bronches et surtout aux bronchioles (dernières ramifications très fines de l’arbre respiratoire). Bébé tousse et sa respiration s’accélère (on parle de dyspnée). Il respire plus vite pour compenser le rétrécissement des bronchioles où l’air peine à passer et l’expiration peut alors s’accompagner d’un sifflement. Gêné pour respirer, il mange moins bien. Un avis médical est alors nécessaire.

Traitement

Dans la majorité des cas, la bronchiolite est une affection bénigne pouvant se traiter à
la maison. L’objectif est de supprimer l’encombrement du nez par un lavage nasal qui peut être associé à  une aspiration à l’aide d’un mouche-bébé. Il faut aussi bien faire boire votre enfant car une bonne hydratation fluidifie les sécrétions. Si l’encombrement s’étend au niveau des bronches, votre médecin prescrira des séances de kinésithérapie respiratoire. Elles sont impressionnantes car bébé crie fort, mais rassurez-vous, elles sont parfaitement indolores.

Prévention

Des mesures permettent de limiter la transmission de ce virus : se laver soigneusement et fréquemment les mains ; éviter les contacts avec des personnes enrhumées, les transports en commun, d’embrasser bébé sur le visage et de placer les tout-petits en collectivité en période d’épidémie.

Gastroentérite – Compenser rapidement les pertes en eau

Transmission

Dans nos pays développés, le rotavirus est la cause la plus fréquente de gastroentérite aiguë. 70 à 95 % des infections qui lui sont dues surviennent au cours de l’hiver. Et 60 % des cas de gastroentérite chez les moins de 2 ans y sont liées. Ce n’est qu’après cet âge que l’enfant fabrique des anticorps pour s’en protéger. La transmission se fait par les mains souillées portant le virus. Compte tenu de la forte présence de ce dernier dans les selles au début de la maladie, des mains mal lavées ou des aliments souillés par des matières fécales le véhiculent. Plus le nombre d’enfants dans une collectivité ou le nombre de personnes dans une famille est important, plus le risque de contamination est élevé.

Symptômes

La gastroentérite se manifeste par des diarrhées (parfois jusqu’à 15 par jour) avec  d’importantes pertes en eau. Bébé a mal au ventre et présente aussi de la fièvre et des vomissements majorant ces pertes. Elles ont donc des conséquences plus inquiétantes chez les bébés et ce d’autant plus qu’ils sont incapables de boire tout seuls ou de demander à boire s’ils ont soif.

Traitement

Dans la plupart des cas, la déshydratation est modérée et votre médecin préconisera un
traitement à la maison. Il comporte le remplacement du lait habituel par une solution de réhydratation à base de glucose et de minéraux pendant 24 heures (seulement 12 heures en cas d’allaitement maternel). Une fois la solution de réhydratation reconstituée, n’y rajoutez ni sel ni sucre. Commencez par de petites quantités (15 à 20 ml) mais que vous
donnerez fréquemment. Cependant, cela ne nourrit pas votre bébé : il a besoin d’énergie, de calories, d’où la nécessité de réintroduire assez rapidement le lait ou les aliments :

  • L’allaitement au sein peut être repris après 12 heures d’utilisation de la solution de réhydratation orale.
  • Le lait infantile (1er ou 2ème âge), quant à lui, pourra être repris progressivement après 24 heures. Si la diarrhée évolue de façon favorable et que votre médecin le conseille, l’enfant peut commencer à prendre le biberon coupé pour moitié avec de l’eau.

Prévention

Du fait de la forte contagiosité et de la transmission par les mains, il est essentiel de se
laver les mains avant et après tout soin à l’enfant ainsi qu’avant la préparation des repas.

Attention !

En général, la gastroentérite guérit spontanément au bout de 3 à 5 jours, mais il existe deux complications potentiellement sévères : la déshydratation (manque d’eau) et la malnutrition (insuffisance d’apport alimentaire). Aussi, devant toute diarrhée accompagnée de fièvre, la consultation chez un médecin s’impose car lui seul peut juger de la sévérité de la déshydratation.

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