Prévention de la dépression post-partum : comment réduire les risques ?
La dépression post-partum est fréquente : selon les dernières données de Santé publique France, 16,7 % des femmes présentaient des symptômes de dépression deux mois après leur accouchement en France hexagonale en 2021. Il n’existe pas de recette permettant d’éviter à coup sûr une dépression après la naissance. Identifier les facteurs de risque, bénéficier d’un soutien social et favoriser un repérage précoce peuvent en revanche permettre une prise en charge plus rapide.
L’essentiel à retenir
La prévention de la dépression post-partum commence dès la grossesse. Elle repose notamment sur le repérage des facteurs de vulnérabilité, l’information sur les signes de dépression, le soutien de l’entourage et un suivi adapté pendant et après la grossesse. Elle ne permet toutefois pas de garantir qu’une dépression post-partum ne surviendra pas.
Peut-on vraiment prévenir la dépression post-partum ?
On ne peut pas toujours éviter une dépression post-partum, et sa survenue ne signifie pas que la mère aurait pu ou dû faire quelque chose différemment. La prévention consiste surtout à identifier précocement les situations qui augmentent le risque et à reconnaître les premiers symptômes. L’Assurance Maladie souligne notamment l’importance de rechercher les facteurs de risque dès la grossesse et d’informer les futurs parents sur les signes d’une dépression périnatale. Une dépression prénatale, de l’anxiété ou une souffrance psychologique pendant la grossesse peuvent constituer des facteurs de vulnérabilité. Les consultations de grossesse sont donc aussi l’occasion de parler de son état émotionnel et, si nécessaire, de prévoir un accompagnement adapté.
Quels sont les facteurs de risque de dépression post-partum ?
La dépression du post-partum peut concerner des femmes aux parcours très différents. Certains facteurs sont néanmoins associés à un risque accru : antécédents personnels ou familiaux de troubles psychiatriques, dépression ou anxiété pendant la grossesse, psychotraumatisme lié à l’accouchement, événements de vie stressants, deuil périnatal, conflits conjugaux, précarité ou isolement social. Certaines situations obstétricales ou médicales peuvent également augmenter la vulnérabilité.
Avoir un ou plusieurs de ces facteurs de risque ne signifie pas qu’un épisode dépressif surviendra. Inversement, leur absence ne permet pas de l’exclure. Les identifier permet surtout de proposer plus tôt un accompagnement adapté et d’être attentif à l’évolution de la santé mentale périnatale.
Prévenir la dépression post-partum dès la grossesse
La grossesse permet déjà d’aborder la santé psychique, les difficultés personnelles ou familiales et les conditions dans lesquelles seront vécues les premières semaines avec bébé. L’objectif n’est pas d’anticiper le pire, mais de savoir vers quelles personnes ou quels professionnels se tourner en cas de besoin.

Parler de sa santé mentale pendant le suivi de grossesse
Tristesse persistante, perte de plaisir, anxiété importante, sensation de manque d’énergie, troubles du sommeil ou changement d’appétit peuvent faire partie des symptômes de dépression. Lorsqu’ils persistent, mieux vaut en parler à un professionnel de santé plutôt que de les attribuer systématiquement aux bouleversements de la grossesse.
La dépression périnatale peut en effet rester sous-diagnostiquée, certains symptômes pouvant être confondus avec ceux habituellement associés à cette période. Cette vigilance concerne particulièrement les personnes ayant déjà connu une dépression majeure, des troubles anxieux ou d’autres difficultés psychiques. Ces antécédents peuvent être évoqués avec le professionnel qui suit la grossesse afin d’évaluer les besoins et, si nécessaire, de mettre en place un suivi adapté pendant la grossesse puis après la naissance.
Profiter de l’entretien prénatal précoce
L’entretien prénatal précoce permet d’aborder le vécu de la grossesse, le projet de naissance et d’évaluer les besoins d’accompagnement. Il peut avoir lieu dès le quatrième mois ou au moment choisi par la femme enceinte. Le conjoint est également encouragé à y participer.
L’Assurance Maladie indique que cet entretien joue un rôle majeur dans la prévention de la dépression post-partum. Il permet notamment d’évoquer une situation conjugale difficile, un manque de soutien, un événement stressant ou des antécédents psychologiques.
Préparer aussi son post-partum avant la naissance
Préparer l’arrivée de bébé, c’est aussi anticiper les premières semaines : qui pourra aider ? À qui demander du relais ? Comment répartir les responsabilités entre les parents ? Cette organisation n’empêche évidemment pas une DPP, mais peut contribuer à limiter l’isolement et à renforcer le soutien social, alors que le manque de soutien fait partie des facteurs associés à la dépression post-partum.
Les données françaises montrent notamment une association entre un soutien insuffisant pendant la grossesse et une fréquence plus importante de symptômes dépressifs à deux mois post-partum. Préparer son post-partum peut donc aussi consister à identifier, avant la naissance, les proches et les professionnels vers lesquels se tourner.
Après l’accouchement : ne pas rester seule face aux difficultés

Les premières semaines avec un nouveau-né peuvent être éprouvantes. La fatigue et l’adaptation au nouveau rôle parental ne doivent cependant pas conduire à banaliser une souffrance persistante. Le soutien du conjoint, des proches et des professionnels peut permettre à la mère d’exprimer ce qu’elle ressent, de demander de l’aide et de rompre l’isolement.
Ce soutien peut aussi être très concret : prendre le relais auprès du bébé, préparer un repas ou permettre à la mère de se reposer. Il ne s’agit pas de comportements censés empêcher une dépression, mais de créer un environnement dans lequel les difficultés peuvent être exprimées et repérées plus facilement.
Repérage précoce : quels signes doivent alerter ?
Le repérage précoce fait partie intégrante de la prévention. Une tristesse intense, une perte d’intérêt ou de plaisir, une fatigue majeure, des troubles du sommeil, des difficultés de concentration, un sentiment de culpabilité ou d’inutilité, un repli sur soi ou des idées noires font partie des signes et symptômes qui doivent conduire à en parler à un professionnel. Une anxiété importante peut également être présente.
Ces manifestations ne doivent pas être confondues avec un baby blues, généralement transitoire. Lorsqu’un mal-être persiste au-delà de deux semaines, devient intense ou s’accompagne de symptômes préoccupants, une dépression du post-partum doit notamment être recherchée. Découvrez aussi notre article Baby blues ou dépression post-partum : comment faire la différence ?.
L’entretien postnatal précoce : un rendez-vous essentiel pour le repérage
L’entretien postnatal précoce est obligatoire et réalisé par une sage-femme ou un médecin entre la quatrième et la huitième semaine suivant l’accouchement. Il permet notamment de rechercher les premiers signes d’un état dépressif ou anxieux, d’identifier les facteurs de risque et d’évaluer les éventuels besoins d’accompagnement.

Un deuxième entretien peut être proposé entre la dixième et la quatorzième semaine si nécessaire ou à la demande du ou des parents. Une sage-femme, le médecin traitant ou les professionnels d’un centre PMI peuvent également être sollicités. En cas de mal-être ou de symptômes évocateurs, il est possible de consulter à tout moment.
Méthode EVA et prévention de la dépression post-partum : que montre l’étude ?
L’ancien article d’Enjoy Family présentait une étude consacrée à l’Expression Vocale Ajustée (EVA), utilisée dans le cadre de la Préparation à la Naissance et à la Parentalité. Elle comparait 78 femmes constituant le groupe contrôle et 54 femmes ayant bénéficié de cinq séances EVA. Une dépression post-partum avait été rapportée chez 11,5 % des femmes du groupe contrôle, contre 0 % dans le groupe EVA.
Pourquoi le résultat de 0 % doit-il être interprété avec prudence ?
Ce résultat ne permet pas d’affirmer que la méthode EVA empêche la dépression post-partum. Le groupe EVA ne comprenait que 54 participantes et l’article d’origine précisait que les résultats demandaient à être confirmés sur une cohorte plus importante. Ils ne suffisent donc pas à établir à eux seuls l’efficacité préventive de cette méthode.
Dépression post-partum : quand faut-il demander de l’aide ?
Il n’est pas nécessaire d’attendre qu’une situation devienne insupportable pour en parler. Une sage-femme, un médecin, un psychologue, un psychiatre ou les professionnels d’une PMI peuvent orienter vers un suivi médical professionnel et un traitement approprié. Selon la situation, la prise en charge peut notamment associer psychothérapie et traitement médicamenteux. Pour aller plus loin, consultez notre article consacré à la dépression post-natale.
En présence d’idées suicidaires ou d’un danger immédiat pour soi ou pour l’enfant, il faut demander une aide médicale urgente. Il en va de même en cas de confusion importante, d’idées délirantes ou d’hallucinations pouvant évoquer une psychose post-partum. Les idées suicidaires concernaient 5,4 % des femmes interrogées deux mois après leur accouchement en 2021, selon Santé publique France.
Besoin d’aide ? En cas d’idées suicidaires, vous pouvez appeler gratuitement le 3114, numéro national de prévention du suicide, 24 h/24 et 7 j/7. En cas de danger immédiat ou de risque suicidaire imminent, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.
Prévention de la dépression post-partum : ce qu’il faut retenir
Prévenir une dépression post-partum ne signifie pas pouvoir empêcher systématiquement sa survenue. La prévention repose surtout sur l’identification des facteurs de vulnérabilité, l’accompagnement pendant la grossesse, le soutien de l’entourage et le repérage précoce des symptômes. Les rendez-vous prénataux et postnataux sont autant d’occasions de parler de sa santé mentale et de demander de l’aide.
Et parce que devenir parent ne s’accompagne pas d’un mode d’emploi de 300 pages, demander du soutien quand on en a besoin fait aussi partie de la préparation à l’arrivée de bébé.
FAQ : prévenir et repérer la dépression post-partum
Comment éviter la dépression post-partum ?
Il n’existe pas de méthode garantissant qu’une dépression post-partum sera évitée. La prévention peut toutefois commencer pendant la grossesse en recherchant les facteurs de vulnérabilité, en parlant de sa santé psychique avec les professionnels et en préparant un soutien suffisant pour l’après-naissance. Connaître les premiers symptômes permet également de demander rapidement de l’aide.
Quels sont les principaux facteurs de risque de dépression post-partum ?
Les facteurs de risque comprennent notamment des antécédents de dépression ou d’autres troubles psychiatriques, une dépression ou une anxiété pendant la grossesse, certains événements stressants ou traumatismes, des conflits conjugaux, l’isolement social et la précarité. Certaines situations liées à la grossesse ou à l’accouchement peuvent également être associées à un risque accru, sans signifier qu’une DPP surviendra nécessairement.
Peut-on prévenir la dépression post-partum pendant la grossesse ?
La grossesse constitue une période importante pour la prévention de la dépression post-partum. Les consultations et l’entretien prénatal précoce permettent de rechercher certains facteurs de vulnérabilité, d’aborder les difficultés psychologiques ou sociales et d’informer la femme et son partenaire sur les symptômes à surveiller. Cet entretien joue ainsi un rôle important dans la prévention.
Quel rôle le coparent peut-il jouer dans la prévention ?
Le coparent peut participer au soutien social et émotionnel, prendre sa part dans les soins au bébé et les tâches quotidiennes et encourager à consulter lorsqu’un mal-être persiste. Son soutien constitue un élément favorable, mais il ne faut pas lui attribuer la responsabilité de prévenir à lui seul une dépression post-partum.
Quelle différence entre baby blues et dépression post-partum ?
Le baby blues apparaît généralement dans les premiers jours suivant l’accouchement et reste transitoire. La dépression post-partum est plus durable et ses symptômes sont plus intenses. Une tristesse persistante, une perte de plaisir, un repli sur soi, une culpabilité importante ou des idées noires nécessitent une évaluation professionnelle. Si ces manifestations persistent au-delà de deux semaines ou sont sévères, une DPP doit être recherchée.
Rédaction : Equipe enjoy family – Organisateur du salon Baby et spécialiste de la parentalité et de la petite enfance (0-3 ans) auprès du grand public et des professionnels
Cet article vous a plu ?
Continuez l’aventure avec nous !
Recevez chaque mois notre newsletter dédiée aux futurs et jeunes parents :
👉 Articles conseils, bons plans, jeux concours, tests produits, offres partenaires, actus du Salon Baby…
Votre adresse ne sera jamais partagée. Vous recevrez uniquement des contenus de la part d’Enjoy Family.








