Podcast Parents : J’ai fais 2 dénis de grossesse

Contrairement ce que l’on peut croire, le déni de grossesse n’est pas si rare en France, et n’a pas de rapport avec l’envie ou non d’avoir un enfant. Il concerne en France jusqu’à 3 naissances sur 1000 chaque année.

D’après l’Association française pour la reconnaissance du déni de grossesse, « il y aurait de 600 à 1.800 femmes concernées tous les ans en France, qui pour plus de 300 d’entre elles ne se rendent compte de leur état qu’au moment de l’accouchement. »

Aujourd’hui Amélie 28 ans et maman de 3 enfants, nous confie son histoire et celle de sa famille. En effet, elle a vécu 2 dénis de grossesse à 18 et 22 ans. Elle nous parlera de l’annonce, du choc, de l’acceptation, et nous livrera ses conseils pour accueillir bébé dans ses conditions.

Qu’est-ce que le déni de grossesse ?

Le déni de grossesse désigne le fait d’être enceinte sans en avoir conscience. Le corps ne présente aucun des signes habituels de la grossesse. La plupart des femmes qui subissent un déni de grossesse s’en rendent compte à un stade avancé et parfois même le jour de l’accouchement.

Il existe 2 types de dénis de grossesse :

  • Le déni de grossesse partiel : lorsque la grossesse est découverte après le premier trimestre de grossesse et avant le terme. Parfois, le corps de la femme se transforme dans les heures qui suivent l’annonce.
  • Le déni de grossesse total : Lorsque la grossesse n’est découverte qu’au moment de l’accouchement.
Source : La maisons des maternelles

L’annonce de la grossesse

Pour Amélie, lors de son premier déni de grossesse elle avait tout juste 18 ans et était en cours. Elle a été conduite à l’hôpital suite à un malaise. Après quelques examens, les médecins lui ont appris qu’elle était enceinte assez directement. C’est ensuite lors de l’échographie d’urgence, qu’elle a découvert qu’elle entamait le 6ème mois, elle était donc dans le dernier trimestre de la grossesse ! A cette époque, elle n’avait pas de désir d’enfant.

Pour son deuxième déni de grossesse, Amélie l’a appris après un retard de règles, alors qu’elle désirait un enfant avec son conjoint. Et lors des examens de vérification, elle entamait de nouveau son 3ème trimestre de grossesse.

Lors de l’annonce de la grossesse, les signes « se débloquent » très rapidement. Amélie a vu son ventre doubler de volume un jour après l’annonce de ses grossesses. Elle nous confie avoir été impressionnée.

L’acceptation du changement de corps est une étape qui peut parfois nécessiter du temps lors d’une grossesse classique, mais en seulement quelques heures, cela peut être traumatisant !

Pendant les mois de grossesse « cachée », le bébé se développe derrière les cotes, et poussent les organes pour se créer une place, sans se montrer ou se manifester.

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L’importance de l’accompagnement du corps médical

Dans cette période de choc et de chamboulement, il est très important de tomber sur des médecins compatissants, qui prennent le temps d’expliquer ce qu’il se passe à la maman, et les différentes étapes qui l’attendent en la rassurant. De plus, la plupart du temps, l’interruption de grossesse (l’avortement) n’est plus possible vu le stade avancé de la grossesse. C’est au médecin d’informer les différentes solutions qui s’offrent à la famille victime de ce déni.

Pour Amélie, lors de son premier déni de grossesse l’annonce n’avait pas été faite dans de bonnes conditions, au milieu des urgences, face à tous les autres patients sans aucune intimité et confidentialité. Au contraire, lors de sa deuxième expérience, elle a su s’entourer de médecins davantage présents et a pu prendre le temps de poser ses questions et essayer de comprendre pourquoi son corps « semblait rejeter ses bébés ».

Idée reçue : Le déni de grossesse se déclenche lorsque le bébé n’est pas désiré.

Qu’est-ce que l’on ressent lors d’un déni de grossesse ?

Amélie nous confie qu’à 18 ans, elle vivait encore chez ses parents et n’était plus avec le père de son bébé. Elle a donc vécu cette expérience seule, entourée de sa famille et de ses parents.

Elle nous confit avoir vécu un choc, une annonce qui change la vie en un instant. Elle ne se projetait pas avec un bébé à l’époque, pensait continuer ses études. Elle nous dit avoir ressenti de la culpabilité aussi, pour ne pas avoir ressenti quoique ce soit pendant 6 mois.

Pour sa deuxième fille, étant en couple épanouie avec le papa, Amélie a mieux vécu sa grossesse. C’est pour le papa que le choc a été plus compliqué. De plus, n’ayant que 3 mois pour préparer l’arrivée de bébé, tout était précipité, et cela ne laisse pas le temps aux parents de se préparer psychologiquement.

« J’ai quand même eu la chance d’avoir quelques mois pour préparer l’arrivée de mes bébés, chose que certaines mamans ne peuvent pas faire »Amélie

L’arrivée du bébé

Contrairement à sa deuxième fille, ou l’accouchement a été normal et s’est bien passé, le premier accouchement d’Amélie ne s’est pas bien déroulé. Elle a été déclenchée après terme, au bout de 4 jours. De plus, Amélie a dû avoir une épisiotomie et être aidée des forceps.

L’arrivée d’un bébé dans ces conditions de surprises peut être très déstabilisant et parfois même la reconnaissance de l’enfant peut prendre du temps.

Amélie nous confie avoir mis du temps à réaliser que ses bébés étaient les siens et qu’il n’est pas facile de devoir apprendre à se connaître très rapidement. Les premiers temps, elle a eu besoin d’être entourée, conseillée et par la suite elle s’est laissée porter.

Quels conseils pour les parents qui subissent un déni de grossesse ?

  1. Ne pas douter de l’amour qu’ils vont avoir pour leur enfant même s’ils ont appris son existence récemment.
  2. Ne pas hésiter à se faire aider, à consulter et parler de leur ressenti. Il n’y a pas de honte à demander de l’aide, et surtout ce n’est pas de leur faute.

Amélie a décidé de lancer son compte Instagram @Famille Débordée Ou Pas pour justement ouvrir la parole sur le sujet du déni de grossesse et raconter son expérience pour aider d’autres mamans qui ont pu le subir. Elle regrette qu’il n’y ait pas assez de contenu et d’aide proposées pour les victimes des dénis.

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Sources complémentaires : La maison des maternelles

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