Bébé refuse de manger : causes, conseils et erreurs à éviter
Que faire quand bébé boude son assiette ?
Votre bébé ferme la bouche, détourne la tête ou repousse la cuillère ? Rassurez-vous : le refus de manger est un comportement fréquent chez les jeunes enfants. Il s’agit rarement d’un problème médical, mais plutôt d’une étape du développement de bébé. Comme vous, il a ses préférences, ses envies et ses jours “sans”.
L’important est de comprendre ce qui se cache derrière ce comportement pour retrouver des repas apaisés et préserver une relation positive avec la nourriture. Dans cet article, nous faisons le point avec bienveillance, pour vous aider à accompagner votre enfant sans stress ni pression.

Bébé refuse de manger : l’essentiel à retenir
- Le refus alimentaire est fréquent entre 6 mois et 3 ans, période où l’enfant découvre de nouvelles textures et apprend à écouter ses signaux de faim et de satiété.
- Le refus de s’alimenter ne veut pas dire qu’il est forcément malade : souvent, c’est un signe de satiété ou d’émotion.
- La néophobie alimentaire (peur des nouveaux aliments) apparaît souvent entre 18 mois et 2 ans.
- Si la courbe de croissance dans le carnet de santé reste stable, tout va bien.
- Votre rôle : proposer, rassurer, instaurer des rituels sereins — jamais forcer.
Pourquoi bébé refuse-t-il de manger ?
Chaque bébé traverse des phases d’appétit très variables. Il peut manger avec plaisir un jour et refuser tout le lendemain. Ce comportement n’est pas un caprice, mais le reflet de son développement, de ses émotions, ou parfois d’un inconfort physique.
Des causes physiologiques ou médicales
La plupart du temps, il s’agit de causes bénignes : poussée dentaire, rhume, fatigue, chaleur ou légère gêne digestive. Le repas de bébé peut aussi être perturbé par une température de biberon inadaptée.
Cependant, un refus répété ou associé à d’autres signes (pleurs, vomissements, perte de poids, constipation) peut aussi signaler un reflux gastro-œsophagien, une intolérance alimentaire ou un trouble de l’oralité. En cas de doute, mieux vaut consulter un pédiatre.
Un apprentissage du goût en construction
Entre 6 mois et 2 ans, votre bébé découvre de nouvelles textures et saveurs. Certains aliments lui paraissent étranges : c’est la néophobie alimentaire, une peur instinctive des nouveautés. Les spécialistes de la nutrition infantile rappellent qu’il faut souvent proposer plusieurs fois un nouvel aliment avant qu’il soit accepté par l’enfant.
Un besoin d’autonomie
Vers 1 an, votre enfant cherche à faire seul. Refuser la cuillère, c’est souvent dire : “Je veux essayer !”. Offrez-lui une double cuillère ou un petit bol adapté : ces gestes simples encouragent la découverte et renforcent sa confiance.
L’influence de l’environnement émotionnel
Le repas est un moment social, pas seulement nutritionnel. L’enfant ressent vos émotions : tension, impatience, anxiété. Un climat détendu et bienveillant favorise le plaisir de manger et la relation sereine à la nourriture.
Faut-il le forcer à manger ou à finir son assiette ?
Comprendre la satiété
Face à un bébé qui refuse son assiette, la tentation est grande d’insister : “Encore une cuillère pour papa !”. Pourtant, forcer un enfant à manger perturbe son rapport à la nourriture et sa perception de la faim.
Selon le Dr Séverine Fonmarty-Cassagne, pédiatre, l’enfant possède dès la naissance une capacité naturelle à réguler son appétit. Deux hormones jouent un rôle clé :
- la ghréline, qui stimule la faim ;
- la leptine, qui signale la satiété au cerveau.
Aussi, en le forçant à finir son assiette, vous risquez de brouiller ces signaux. L’enfant mange alors pour faire plaisir, non par faim, ce qui peut créer plus tard un déséquilibre dans la relation à la nourriture.
Comment accompagner bébé pendant les repas sans le forcer à manger ?
Votre rôle ? Observer et accompagner. Servez de petites quantités, laissez-le se resservir s’il le souhaite, et respectez son rythme. S’il tourne la tête, ne le suppliez pas : retirez calmement son bol pour bébé et proposez de jouer un peu avant de revenir au repas.
Faites aussi confiance à ses signaux : la plupart des enfants mangent selon leurs besoins. Les repas imposés risquent d’amener plus de refus de s’alimenter que d’appétit.

Comment réagir quand votre enfant refuse de manger ?
Créez un environnement serein
Pour que le repas soit un moment agréable, il est essentiel d’instaurer un cadre calme et rassurant. Quelques ajustements simples peuvent aider votre enfant à mieux profiter de ce moment.
- Évitez les écrans pendant les repas, afin de favoriser l’attention, les échanges et le lien familial (recommandations Santé publique France – Manger Bouger).
- Partagez le repas avec votre bébé quand c’est possible : les enfants observent et imitent naturellement les comportements des adultes, notamment à table (observations des professionnels de la petite enfance).
- Variez les textures, les couleurs et la présentation des plats pour éveiller sa curiosité et stimuler ses sens (guides PNNS et alimentation du jeune enfant).
- Proposez une cuillère ou un ustensile adapté à sa motricité, pour encourager l’autonomie et la découverte.
- Restez détendu et bienveillant : une atmosphère apaisée aide votre enfant à associer le repas à un moment de plaisir partagé.
Les petits rituels comptent aussi : se laver les mains, mettre la serviette, dire “bon appétit”. Ces gestes simples structurent le moment du repas et rassurent l’enfant.

Établissez des horaires réguliers
Les jeunes enfants ont besoin de repères. Des horaires stables les rassurent et aident à réguler leur appétit au fil de la journée :
- Proposez les repas à heures fixes autant que possible, pour créer une routine sécurisante.
- Évitez les grignotages entre les repas, afin qu’il ait vraiment faim au moment venu.
- Respectez les signaux de faim et de satiété : un enfant qui n’a plus faim n’a pas besoin d’être poussé à finir.
- Gardez la même organisation le week-end, pour ne pas perturber son rythme.
Ces repères simples favorisent un équilibre alimentaire naturel et un meilleur sommeil.
Offrez de la variété sans pression
La variété des saveurs et des textures est essentielle pour aider votre bébé à élargir ses goûts et à développer son plaisir de manger :
- Présentez les aliments sous différentes formes (purées, morceaux, vapeurs, compotes, aliments entiers, soupes,…).
- Proposez régulièrement les mêmes aliments, même après un refus : il faut souvent plusieurs tentatives avant qu’ils soient acceptés.
- Mélangez des aliments familiers avec de nouvelles saveurs pour faciliter la découverte.
- Laissez-le manipuler ou goûter avec les doigts s’il en manifeste l’envie : cela fait partie de son apprentissage sensoriel.
- Évitez les comparaisons (“ton frère mange mieux que toi”) ou la pression : l’objectif est qu’il garde une relation positive avec la nourriture.
Ces moments doivent rester ludiques et légers. Certains parents trouvent utile de participer à des ateliers de parentalité ou de sélectivité alimentaire, pour retrouver de la sérénité à table.
Cultivez la patience
Apprendre à aimer les repas est un long chemin. Chaque bouchée, chaque exploration compte. Ne cherchez pas la performance, cherchez le plaisir partagé. Votre bienveillance lui permettra de construire une relation sereine à la nourriture. Lisez notre article pour savoir comment éveiller bébé aux différents goûts.
Quand faut-il s’inquiéter et consulter ?
Un bébé qui mange peu mais continue de se développer normalement n’a généralement rien d’inquiétant. Cependant, certains signaux doivent vous alerter :
- refus de s’alimenter pendant plus de 5 à 7 jours ;
- perte de poids ou cassure dans la courbe du carnet de santé ;
- vomissements, diarrhées ou fatigue inhabituelle ;
- absence d’intérêt total pour le repas.
Dans ces situations, consultez sans tarder un professionnel de la santé (pédiatre, médecin ou diététicien). Il vérifiera qu’il ne s’agit pas d’un reflux, d’une carence ou d’un trouble de l’oralité. Si tout va bien médicalement, faites-vous confiance. Votre intuition et votre observation quotidienne restent vos meilleurs repères.
FAQ – Les questions que se posent tous les parents
Pourquoi mon bébé refuse-t-il de manger ?
Ce refus traduit souvent la néophobie alimentaire ou la recherche d’autonomie. C’est une phase normale du développement de bébé.
Faut-il s’inquiéter s’il saute un repas ?
Non, s’il reste dynamique et souriant. Il compensera naturellement plus tard.
Est-ce grave s’il ne veut que certains aliments ?
Non. Continuez à lui proposer d’autres saveurs sans insister. Son panel alimentaire accepté s’élargira avec le temps.
Comment stimuler l’appétit de votre bébé efficacement ?
Créez un cadre agréable, respectez les horaires des repas et variez les textures. La température de son biberon ou de ses plats peut aussi influencer sa motivation.
Quand faut-il consulter si votre bébé refuse de manger ?
Si le refus de nourriture dure plus d’une semaine ou s’accompagne d’une perte de poids. En cas de doute, un professionnel de la santé saura évaluer la situation et vous rassurer.
En résumé : écouter, proposer, accompagner
Le refus alimentaire n’est pas une faute parentale mais une étape du développement de bébé. Votre enfant apprend à écouter sa faim, à affirmer ses goûts et à découvrir les aliments à son rythme.
Votre mission ? Maintenir des repas sereins, des rituels sécurisants et une relation positive avec la nourriture. La confiance, la régularité et la bienveillance sont vos meilleurs atouts.
Découvrez aussi :
Diversification alimentaire – Guide pratique
Diversification menée par l’enfant – DME
Article rédigé en collaboration avec le Dr Séverine FONMARTY-CASSAGNE – Pédiatre
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