Etre père

Le vécu des futurs papas

Pour eux aussi, il n’y a pas de norme : il y a les déterminés qui veulent assister à l’accouchement et qui y assistent, les déterminés qui font marche arrière, ceux qui prennent des photos, qui fument des cigarettes pour se détendre, ceux qui téléphonent à tous leurs potes, ceux qui travaillent à des milliers de kilomètres, ceux qui pleurent, ceux qui se sentent mal… et ceux qui tout à la fois pleurent, plaisantent, fument, téléphonent, s’évanouissent… Ce n’est pas si évident de trouver sa place dans cet univers, de réaliser la puissance psychique et physique de leur femme devenant mère de leur enfant, pas si évident d’accepter d’être impuissant devant la souffrance de sa bien-aimée… Là encore chacun fait comme il peut et se découvre à cette occasion mais soyez rassurée : celui qui n’a pas assisté à la naissance n’en sera pas un moins bon père pour autant. La paternité ne fait que commencer et les occasions de s’affirmer ne manqueront pas !

Devenir père, ça se prépare !

Voilà plus de trente ans que se sont constitués dans certaines maternités – encore trop rares – des groupes de paroles réservés exclusivement aux hommes. S’y rencontrent, de préférence le soir, futurs pères et jeunes pères déjà aguerris, sous l’œil bienveillant d’un gynéco-obstétricien ou d’un sage-femme homme.
On y parle de tout, relativement librement : assister ou ne pas assister à l’accouchement, peur du sang, angoisse de devoir couper le cordon, dégoût sexuel, vie parallèle, sentiment de ne pas reconnaître sa femme, crainte de ne pas savoir faire avec le bébé, pression financière, kilos en trop et problèmes de belle-mère envahissante… bref tout ce sur quoi on n’ose pas vraiment échanger avec sa compagne, de peur de la choquer ou parce que c’est tout simplement inavouable. Une transmission rassurante s’opère entre les uns et les autres. Vous voilà plus léger, plus optimiste jusqu’à la prochaine session durant laquelle vous allez pouvoir visiter les salles de naissance si elles ne sont pas toutes occupées…

Le retour à la maison

Après les trois, quatre ou cinq jours de folie que constitue le séjour à la maternité, il est temps de revenir ou plus exactement de venir au quotidien de la vie de famille. Vite, il faut penser à nettoyer la maison, ranger le linge que vous avez laissé traîner par terre comme au bon vieux temps de votre vie de célibataire, installer les innombrables peluches offertes pour la naissance dans la chambre du bébé, sans oublier le précieux bouquet de fleurs qui ne manquera pas de faire plaisir à votre compagne. Pour la parure de sous-vêtements, mieux vaut attendre encore quelques semaines. C’est une mère qui revient sous votre toit avec la fatigue bien compréhensible d’après accouchement, la chute d’hormones obligatoire et les craintes de ne pas être une bonne mère… Attention fragile, même si elle s’acharne à vouloir vous prouver le contraire…

Redonner du temps au couple

Véritable tornade dans la vie personnelle de chacun, l’arrivée d’un enfant représente, paradoxalement, un vrai risque pour le couple si l’on se laisse prendre par toutes les préoccupations qu’il engendre et toutes les attentions qu’il requiert. Il n’y a qu’à regarder autour de vous le nombre de divorces… le constat peut donner le vertige. Certains parlent de baby-clash… Sans aller jusque-là, on peut penser que la venue d’un enfant dans une famille constitue un test sérieux. Pendant la période du maternage, quasi obligatoire pour s’arrimer avec son enfant, beaucoup de femmes, prises par les couches, les courses et les biberons, reconnaissent se laisser aller, pull sans forme rapidement enfilé sur un leggings, cheveux gras à peine coiffés… La femme a besoin de se reconquérir elle-même pour se sentir apte à reconquérir son mari. Il lui faut du temps pour se remettre au sport, perdre ses kilos en trop, et il faut avoir l’esprit libre pour apprécier une séance shopping – presque – comme avant et redevenir coquette ! Et c’est là que votre rôle de partenaire devient indispensable. À vous de vous organiser pour maintenir des dîners entre adultes et
avoir le temps de vous écouter et vous (re)découvrir. Profitez des siestes de bébé pour vous câliner tranquillement sans penser à lui, sans parler de lui… Retrouvez le goût des projets communs, des vacances, un week-end entre amis, une envie professionnelle… Pour éviter de s’éloigner l’un de l’autre, les efforts sont à faire des deux côtés…

 

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