Diabète : une grossesse sous surveillance

Aujourd’hui une maman diabétique peut mettre toutes les chances de son côté pour donner naissance à un beau bébé en pleine forme. Pour cela un seul mot d’ordre : surveillance. Il y a encore 30 ans, le corps médical déconseillait largement les grossesses chez les femmes diabétiques. Grâce au développement de l’auto-surveillance, un meilleur équilibre du diabète est possible et diminue les risques pendant la grossesse.

Devenir maman quand on est diabétique, c’est possible. Toutefois, la grossesse diabétique est considérée comme une grossesse à risque. Une période à surveiller de très près pour éviter les complications, tant pour la mère que pour l’enfant.

Est-ce que je peux avoir des enfants en étant diabétique ?

Aujourd’hui le diabète n’empêche pas d’être enceinte et de poursuivre une grossesse à moindre risque. Quelques exceptions restent sources de complications sévères, comme des rétinopathies (atteinte des nerfs des yeux, aggravés par la grossesse) ou hypertensions graves.

Mon bébé va-t-il lui aussi être diabétique ?

Une maman diabétique peut se poser la question de la transmission à son bébé. Contrairement aux idées reçues, l’hérédité n’est pas systématique. Le facteur héréditaire est faible dans le diabète de type 1, cette hérédité atteint 30 à 40 % dans le diabète de type 2. La prudence est donc de mise, et la surveillance des règles hygiéno-diététiques de l’enfant nécessaire.

Programmer sa grossesse

Il est vivement conseillé de programmer la conception au moins trois mois avant, afin d’équilibrer son diabète et de réaliser les examens nécessaires. 90 % des accidents qui surviennent dans ce type de grossesses sont dus à une absence de programmation, car un diabète mal équilibré et une grossesse non encadrée exposent le fœtus et la future maman à des risques dès les premiers mois. Programmer sa grossesse permet d’effectuer tous les bilans nécessaires pour vérifier votre état de santé.
En cas de grossesse non programmée, il faut consulter son diabétologue le plus rapidement possible pour tenter d’équilibrer la glycémie au maximum.

Les précautions à prendre avant la grossesse

– Premier facteur à prendre en compte : l’hémoglobine glyquée ou HbA1c. Ce taux est un indicateur de l’équilibre glycémique sur une longue période. Il doit de préférence être inférieur à 6,8 % au moment de la conception du bébé. Car plus l’hémoglobine glyquée est élevée, plus les risques de malformations et de mortalité prématurée du bébé augmentent.
– Faire un fond de l’œil : il faut vérifier la présence d’une éventuelle rétinopathie diabétique. Cette affection typique du diabète détériore les vaisseaux sanguins de la rétine. Elle provoque une perte de vision pouvant aller jusqu’à la cécité. Or cette rétinopathie peut être aggravée par la grossesse.
– Le passage à l’insuline : si vous êtes diabétique de type 2, il faut cesser les médicaments, et opter pour l’insuline. La glycémie doit alors être inférieure à 0,9g/l en préprandiale (avant les repas) et inférieure 1,20g/l en postprandiale (après les repas).

Le suivi d’une grossesse diabétique

Pendant la grossesse, la glycémie subit des fluctuations. La grossesse est par nature diabétogène, elle peut même déclencher un diabète temporaire dit gestationnel chez les femmes qui ne sont pas diabétiques.

C’est pourquoi la grossesse d’une diabétique doit être suivie très attentivement. Les rendez-vous sont donc fréquents, un à deux par mois.
Les contrôles de glycémie quotidiens sont doublés voire triplés (de 7 à 10 par jour). Il faut éviter les fluctuations  glycémiques entre l’hypo et l’hyperglycémie. Chaque mois, vous effectuerez une Fructosamine et un examen de l’hémoglobine glyquée pour vérifier l’équilibre du diabète.
Des examens de contrôle sont aussi réalisés régulièrement comme l’échocardiographie pour vérifier le cœur du bébé ou échographie pour surveiller sa croissance.
Le débat autour de la pompe à insuline prend tout son sens lors de la grossesse : certains diabétologues la conseillent aux femmes enceintes, car elle permet d’équilibrer au plus juste son diabète. Mais d’autres avancent le risque de panne, notamment la nuit, pour la déconseiller. Un choix à faire avec son diabétologue en fonction de sa situation et de son diabète.

L’accouchement

Malgré une préparation et un suivi correct, la grossesse sous diabète reste une grossesse qui présente des risques. L’idéal est donc de choisir une maternité de niveau 2 voire 3, qui pourra répondre aux complications éventuelles. Ce type d’établissement dispose d’un service de néonatalogie (habitué au suivi des nouveaux nés des femmes diabétiques).
En raison des hyperglycémies, le bébé est généralement plus gros que la moyenne. Pour cette raison, on a souvent recours à la césarienne. Pour éviter ce problème de poids, l’accouchement peut être provoqué avant terme, quand il ne se déclenche tout seul prématurément.

Les risques pour le bébé

Si le liquide dans lequel le fœtus baigne est trop chargé en sucre, celui-ci peut subir des malformations, notamment cardiaques. Le bébé peut aussi avoir des problèmes respiratoires dus à une naissance prématurée. Il a également des chances de se retrouver en hypoglycémie à la naissance. Mais ces complications sont presque “balayées” lorsque la glycémie est correctement surveillée et équilibrée.

 

 

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