Fais pas ci ! Fais pas çà ! Astuces pour poser des limites

par Angélique KOSINSKI-CIMELIÈRE – Psychologue clinicienne

«Poser des limites», la phrase est lâchée…et en bons parents que nous sommes, nous culpabilisons de suite. Est-ce que je mets assez de limites à mon enfant ? Trop ? La vraie question réside ailleurs. Poser des limites, d’accord, nous avons compris que «c’est bien pour l’enfant», mais où est le mode d’emploi ? Et de quelles limites parle-t-on ? Voici quelques exemples concrets qui vous guideront tout au long de l’apprentissage des limites.

Il faut commencer très tôt…

Le chemin des limites est long et aléatoire. C’est pourquoi, il faut commencer tôt. Attention, je ne dis pas d’interdire à un bébé de 15 jours de demander les bras de sa maman pour se rassurer. Commencez par bien définir les rôles de chacun des parents. La maman pour les câlins et le lait, le papa pour les jeux, par exemple ! Il faut surtout insister sur le fait que chaque individu, les parents et les enfants, a sa propre existence, indépendamment de l’autre. Il ne faut pas se laisser envahir.

Quelques outils pour désamorcer la bombe !

Comment gérer une colère, un refus de venir à table, de s’habiller ou d’aller à l’école ? Dans tous les cas, restez calme … et ferme !
Il faut toujours prévenir l’enfant du non respect des règles qui existent à la maison et de l’éventuelle punition s’il en franchit les limites. Par exemple : «Attention, tu sais qu’il faut venir à table lorsque je te le demande. Je t’ai appelé deux fois, à la troisième tu seras puni». Pourquoi le prévenir ? C’est une étape essentielle à respecter. L’enfant ne se sentira pas trahi et la situation sera claire pour lui : les limites sont présentes. Désormais, il connait les conséquences s’il choisit de les franchir. Et si votre enfant, dans sa colère «veut changer de maman» ? Appliquez les mêmes outils. Donnez à l’enfant la règle dite universelle, on ne peut pas changer de maman, c’est impossible. Maintenant, «tu me manques de respect, c’est quelque chose que je refuse. C’est pour cette raison que je te gronde».
Ces phrases peuvent sembler stéréotypées mais il est essentiel de faire ces rappels. Après, vous pouvez les arranger à votre façon à condition de respecter les différentes étapes.

Vous n’êtes pas seule !

Le plus difficile dans le fait de poser des limites est de rester ferme. Surtout lorsque votre chère tête blonde est à un goûter d’anniversaire et qu’elle ne veut pas partir. Vous avez beau lui dire qu’il faut rentrer, que la fête est finie, Caroline vous rit au nez. Et là, vous êtes gêné. Vous n’allez pas hausser la voix devant les autres parents… Que vont ils penser ? Et cela, Caroline le sait, même si elle n’a que 3 ans. Alors elle en profite, elle teste votre autorité face aux regards des autres et sent votre gêne. Franchissez le pas, restez ferme. Les autres parents ne sont pas là pour vous juger. Tous les parents ont été confrontés à ce genre de situation et ils doivent se rassurer de vous voir argumenter le retour à la maison de Caroline. Ils pensent certainement «Je ne suis donc pas toute seule». Une maman m’a raconté avoir traversé tout le parc avec sa fille hurlant à qui veut entendre «C’est pas juste», «T’es plus ma maman», «Je ne t’aime plus», «Je suis malheureuse», «Je veux pas rentrer à la maison, c’est nul» … Bien évidemment tous les regards étaient fixés sur elles. Ignorez-les ! Les plus malveillants provenaient certainement de ceux qui n’ont jamais eu d’enfants et qui ne peuvent pas s’identifier à ce genre de scène !

Tu vas être puni !

La punition est une étape importante dans le bon déroulement du processus des limites. Attention, celle-ci doit être à la hauteur des bêtises, ni dégradante ou trop importante. Par exemple, il ne faut pas priver votre enfant des invitations qu’il a reçues, des sorties avec les grands-parents (au besoin, il les effectuera plus tard).
De même, quelques fondamentaux ne doivent jamais être supprimés comme «aller au lit sans dessert», «ne pas avoir d’histoire du soir». Les rituels sont structurants pour l’enfant, il faut les garder. Par contre, vous pouvez l’isoler pour qu’il réfléchisse à sa bêtise, réparer ses erreurs ou encore demander pardon.
La punition est la conséquence du franchissement des limites mais pas une remise en cause du développement de l’enfant. Elle a un rôle réparateur et non réprobateur.

Le calme après la tempête

La crise passée, revenez toujours sur cette dernière. Discutez avec l’enfant à froid, sans l’emprise des émotions. Pourquoi cette crise, cette envie soudaine de bonbons à 22 heures ou ce refus d’aller au lit alors qu’il y a école le lendemain ? Ainsi, vous montrez à l’enfant que vous êtes ouvert à la discussion et surtout que vous pouvez entendre son point de vue. Vous lui précisez également qu’il est libre d’agir dans le cadre des limites fixées ensemble. Avec l’expérience, vous constaterez que votre enfant prendra en compte les divers interdits, les limites que vous lui avez posées et qu’il les respectera. L’enfant ne peut pas respecter une règle si personne ne lui a énoncée. Pour autant, il ne cessera jamais de tester de nouvelles limites à chaque étape de son développement. C’est la règle du jeu !

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