Quel super parent êtes-vous ?

En ce mois de rentrée scolaire, il serait intéressant, que sur le retour du chemin de l’école, où vous avez amené votre enfant, vous vous arrêtâtes à la terrasse d’un café. Et là, tout en tournant la cuillère d’un hypothétique café, hypothétiquement sucré, vous jouiez le jeu – oh trois minutes seulement -, de vous demander : « Mais au fait, quel super parent suis-je ? ». Commençons par le commencement.

Quel parent êtes-vous ?

Sans avoir besoin de regarder dans une boule de cristal, je peux déjà vous dire que vous êtes un parent qui s’efforce de répondre au mieux, aux 4 principales obligations. Elles engendrent le « prendre soin » d’un enfant : obligations morales, éducatives, matérielles et culturelles.  Sans vouloir vous mettre une pression supplémentaire, vous êtes d’accord sur le fait que chaque obligation, si on veut bien la remplir, est un métier à plein temps.
Prenons l’exemple de l’obligation matérielle – à savoir, garantir à l’enfant un toit salubre, une nourriture saine, des vêtements pratiques et quelques jouets sans danger. Même si nous freinons notre désir de faire au mieux, il va falloir, quand même, s’informer, se faire sa propre idée, finir par faire un choix – parfois par défaut – et acheter.
Et ça, c’est hyper chronophage.

Avez-vous comptabilisé le temps que vous a pris, le choix du cosy 3en 1 et celui de la poussette ? Le temps pris à sélectionner les produits sans perturbateur endocrinien, sans pesticides, sans paraben etc, etc… Alors pour ceux et celles qui n’ont pas suivi une double formation d’ingénieur-DRH, vous êtes pour moi, d’ors et déjà, des SUPERS PARENTS !

Quel « super » êtes-vous ?

Cette question peut prêter à confusion. Il ne s’agit pas d’être super dans chacune des obligations citées plus haut. Il ne s’agit même pas d’être super dans l’une de ces obligations. Nous deviendrions vite trop quelque chose : trop stressés, trop exigeants, trop tendus, trop contrôlant…
Il s’agit donc d’observer de quelle manière vous vous y prenez pour maintenir une qualité d’être en rapport avec l’amour, la tendresse, le bien-être, le plaisir, la joie, la spontanéité, la sérénité, le calme, la lenteur. Pour simplifier : le parent est tenté de faire tout ce qu’il faut et même plus, pour le bien-être de l’enfant.

Le super parent tente de faire juste ce qu’il faut afin de ne pas sacrifier la qualité relationnelle avec l’enfant. Et c’est là que vous êtes tous différents et avez chacun vos astuces.
Par exemple les devoirs : pour maintenir plaisir et légèreté, certains vont, délibérément, avant de s’attaquer aux exercices de mathématique, partager un loisir avec l’enfant. D’autres préféreront déléguer à autrui cette tâche qui finit trop rituellement en pugila. D’autres encore vont regarder sur internet comment apprendre en s’amusant. Et d’autres proposeront à l’enfant de faire ses devoirs à l’étude pour, à la sortie, aller ensemble savourer un sandwich, à la plage. Pour ceux qui ne s’y retrouvent pas, vous allez me dire : « Super parent, cela demande du temps et de l’argent supplémentaires ! ». Pas forcément.

[A lire aussi : Comment aider un enfant à apprendre plus facilement ?]

Super parent sans temps ni argent

Vous l’avez compris : être un super parent est un choix parental, celui de privilégier le temps de vivre complice avec son enfant.

Par exemple, nos horaires de boulot sont incompatibles avec ceux de notre enfant. Pour autant on n’a ni la famille proche pour prendre le relais, ni l’argent pour payer quelqu’un. Il nous reste la solution de rejoindre des associations de parents et de se rendre mutuellement des services.

“La parentalité est à inventer”

En Océanie, cela va même plus loin. Monique Jeudy-Ballini, ethnologue et membre du Laboratoire d’anthropologie sociale (Collège de France – EHESS) raconte : « Là-bas, « est parent » l’individu qui se déclare parent ; « est parent » celui qui prend l’engagement de s’occuper d’une personne et plus largement d’un organisme vivant.
On peut se déclarer « parent » d’une plante ou d’un animal. Et bien sûr, on peut se déclarer « parent » d’un enfant, aux côtés de ses parents unis par des liens familiaux, que ce soit par filiation ou par alliance. » Ainsi, enfin dégagé de quelques contraintes, nous pourrions prendre le temps de ne rien faire avec nos enfants. D’être simplement là, ensemble, pour rien. Alors l’enfant se construisant dans le regard de l’autre, pourrait se construire dans un regard d’adulte détendu, posé et tendre.

Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui, plus que jamais, la parentalité est à inventer. Elle sera ce que vous en ferez. Car nous sommes à « une époque où il n’est plus possible de se contenter de reproduire des modèles mais où il est nécessaire que chaque parent s’engage et définisse sa propre pensée[1].

Ordinairement les parents élèvent leurs enfants seulement en vue de les adapter au monde actuel, si corrompu soit-il. Ils devraient bien plutôt leur donner une éducation meilleure, afin qu’un meilleur état pût en sortir dans l’avenir – Cynthia Fleury

Sources :

  • Fleury, Les irremplacables, Ed. Folio, Essai, 2015
  • Korczac, Comment aimer son enfant, Ed. Robert Laffont, Réponses, 2006
  • Morin, Enseigner à vivre, Ed. Actes Sud, Domaine du Possible, 2014

[1] L. Ott, Être parent ce n’est pas un métier !, Ed. Dunod, 2008

Article rédigé par Magali Dieux / Naître enchantés

Naître Enchantés

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