10 conseils pratiques avec Securange, spécialiste de la sécurité en voiture des enfants.

D’après une récente étude du LAB (Laboratoire d’accidentologie et de biomécanique) 2 enfants sur 3 sont mal installés en voiture : le siège auto bébé est dans le mauvais sens, le siège enfant n’est pas adapté à l’âge de l’enfant, etc. Un sujet qui reste compliqué et trop souvent rempli d’idées reçues.

Les équipes de l’entreprise Securange et de l’association VDR (by Securange) vous proposent de faire le point sur la sécurité des enfants en voiture.

1. Il ne faut pas garder de manteau ou de  combinaison dans un siège auto

Le sujet fait souvent polémique sur les réseaux sociaux, il divise l’avis général ! Pourtant, c’est avéré et même indiqué dans chaque notice de votre siège auto bébé, laisser une épaisseur (manteau, combinaison, etc.) entre l’enfant (et même l’adulte) et son harnais, son bouclier ou sa ceinture, réduit fortement son efficacité.

Les parents pensent souvent à tort être capables de serrer fortement le harnais pour compenser l’épaisseur du blouson, pourtant il est impossible de reproduire la force que va exercer un choc sur le siège enfant dans ces conditions. La matière va fortement se comprimer, la ceinture ou le harnais vont glisser et la retenue ne sera pas efficace. Dans les cas les plus extrêmes, le haut du corps pourra être éjecté.

Des solutions simples existent pour préserver la sécurité de vos enfants en voitureremettre son manteau à l’envers par-dessus, garder un gilet polaire et un bonnet, utiliser un poncho, une couverture, un nid d’ange… À chacun de trouver sa solution la plus pratique.

2. Voyager dos à la route jusqu’à 4 ans est 5 fois plus sûr

Si on pense encore en France que c’est un effet de mode, c’est pourtant une pratique commune dans les pays Scandinaves depuis les années 60. Positionner le siège auto dos à la route permet d’encaisser un choc même à 50 km/h et réduit par 5 les risques de blessures graves, passant de 40 % de risques à seulement 8 %.

Ce qui est communément appelé coup du lapin pour un adulte est beaucoup plus violent pour un tout petit dont la tête est proportionnellement très grosse et lourde. À 50km/h l’enfant face à la route supportera 300 kg sur la nuque lui faisant courir de gros risques. Si le siège auto est dos à la route ce poids est seulement de 50 kg.

Ce n’est que vers 4 ans que les cervicales commencent à devenir plus résistantes. C’est pour cela que le dos à la route est recommandé le plus longtemps possible.

3. Le rehausseur est obligatoire jusqu’à 10 ans et plus de 135 cm

La loi impose l’utilisation d’un rehausseur pour les enfants jusqu’à 10 ans ou de taille adaptée, ce qui peut être assez abstrait. Il faut surtout bien positionner la ceinture sur le corps de l’enfant : la partie diagonale doit passer sur l’épaule (et non dans le cou) et la partie ventrale doit être positionnée sur le bassin. C’est rarement le cas avant bien 1m50 surtout à l’arrière des véhicules. Même si votre enfant sera en demande pour s’en passer, ne précipitez pas le passage à la ceinture. Aussi sûre soit-elle, quand elle est mal utilisée ou non adaptée, elle présente un risque.

4. Un siège auto accidenté à plus de 10 km/h doit être remplacé

Bien que le siège auto bébé soit un dispositif de sécurité résistant, il n’est pas conçu pour subir plusieurs accidents. Tout comme un casque de moto ou de vélo, les chocs et accidents fragilisent leur structure. S’ils ont été très efficaces 1x, ils ne le seront pas forcément une 2ème fois. Et ceci est valable même lorsque le siège auto est vide, le poids du siège multiplié lors d’un accident suffit à fortement solliciter les fixations.

Attention, subir un choc à 10 km/h ne veut pas dire rouler à 10 km/h, on roule souvent bien plus vite et on freine avant un impact. N’allez pas changer votre siège auto après une marche arrière sur un parking !

5. La coque (ou cosy) peut servir parfois jusqu’à 18 mois

Contrairement aux idées reçues, le cosy bébé également appelé coque ou nacelle n’est pas utile que quelques mois ! On pense trop souvent son achat inutile pour cette raison. Pourtant de nombreux modèles sont spacieux et homologués jusqu’à 13 kg ce qui laisse une marge assez importante allant en moyenne de 10 à 15 mois voir bien plus.

Oubliez cette idée reçue qu’il faut changer le cosy bébé lorsque les pieds dépassent. En effet, les pieds de l’enfant dépasseront tôt ou tard de n’importe quel siège (tout comme ceux d’un adulte).

3 critères à prendre en compte avant de quitter le cosy bébé

Le poids max homologué pour le siège (13 kg pour la plupart des coques, vérifiez bien la votre)
La taille : un siège homologué R129 a une taille max définie, il faut bien la respecter, pour les autres sièges, il faut changer quand la tête arrive à env. 2cm du haut de la coque.
La hauteur du harnais : le harnais à sa hauteur max doit rester au niveau de l’épaule ou à peine en dessous. Jamais plus bas.

6. L’isofix n’est pas forcément plus sûr que la ceinture

L’isofix est un ancrage spécial entre le siège auto et la voiture. Sachez qu’un siège auto fixé avec la ceinture est tout aussi sûr que celui fixé via le système isofix. La différence se situe dans le risque de mauvaise utilisation. L’isofix réduit énormément les possibilités de se tromper, mais un siège auto ceinturé bien installé sera aussi sûr. À vous de voir en fonction de votre utilisation et du nombre de manipulations que vous aurez à faire.

7. La position de la poignée de la coque (ou cosy) joue un rôle très important dans son installation

Sauf mention contraire de la notice, la poignée (l’anse) du cosy doit être soit en position de portage, soit près des pieds suivant le modèle. En effet en cas de choc, elle jouera le rôle “d’anti rebond” en évitant à la coque de basculer contre le dossier du véhicule où elle est installée.

8. Tous les sièges auto ne se valent pas

Pour être vendu un siège auto doit passer une série de tests afin d’être homologué. Ces tests sont définis selon un cahier des charges. Pour certains spécialistes ce cahier des charges n’est pas assez exigeant et l’obtenir ne fait pas forcément du siège auto bébé un dispositif fiable. Certains constructeurs produisent des sièges avec des exigences bien supérieures. Pour mieux mettre en avant ces différences, des organismes indépendants comme l’ADAC en Allemagne soumettent une sélection de sièges à des tests plus sévères et leur attribuent des notes.  Le site Securange propose aussi des sélections des meilleurs sièges auto pour accompagner le choix des familles.

9. La notice est un manuel barbare mais précieux

Ne faites vraiment pas l’impasse sur la notice. Même le meilleur des sièges auto, mal installé, ne sera plus efficace. Accompagnez-vous des vidéos des marques, elles sont souvent très bien faites en complément.

N’attendez pas non plus le dernier moment pour faire votre installation dans le stress et l’urgence. Et pourquoi pas faire un test avant la naissance de bébé pour ne pas être pris au dépourvu.

10. Sécurité des enfants en voiture : aucun accessoire n’est facultatif

Dans le siège auto bébé, les protections en mousse sur les harnais et la boucle d’entre jambes ne sont pas là que pour l’esthétique et le confort. Elles jouent un rôle dans la sécurité du siège. Elles évitent les frottements et les brûlures que peuvent causer les harnais. Ces protections sont souvent aussi antidérapantes et assurent que le harnais ne glisse pas. N’utilisez pas votre siège sans.


Article rédigé par Marilyne KAIRO

Fondatrice du “site Sécurange” et du “blogs Sécurange“, sites gratuits et indépendants dédiés à la sécurité des enfants en voiture.
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Fondatrice du Webzine familiale “Les accrospécialistes” avec revue et tests détaillés de jeux, jouets, puériculture.
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